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Montreuil : commémoration des victimes du communisme vietnamien le 25 avril

Le 25 avril 2026, au parc Montreau de Montreuil, le Collectif Montreau Libre et l’association Hommage au drapeau jaune de la République du Vietnam en Europe ont organisé une cérémonie de commémoration à l’approche du 30 avril, date de la chute de Saïgon en 1975. Le rassemblement s’est tenu devant le buste d’Ho Chi Minh installé dans l’espace public municipal. Le choix de ce lieu n’avait rien d’anodin : il s’agissait de rappeler, face à une statue officielle, la réalité historique du régime communiste vietnamien et le sort réservé à ses victimes.

Le 30 avril 1975 correspond à la prise de Saïgon par les forces communistes nord-vietnamiennes et à la disparition de la République du Vietnam. Présentée depuis des décennies comme une “libération” par la propagande, cette date fut en réalité, pour une grande partie du peuple vietnamien, le commencement d’une longue période de répression. Des centaines de milliers de personnes furent envoyées dans les camps dits de rééducation, souvent sans jugement. Des familles entières furent dépouillées de leurs biens, déplacées ou placées sous surveillance. La liberté religieuse et la liberté d’expression furent étouffées. Des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants prirent la mer dans des embarcations de fortune pour fuir le nouveau régime, donnant naissance au drame des boat people, dont beaucoup périrent en mer. Source : UNHCR, The State of the World’s Refugees.

La cérémonie du 25 avril avait précisément pour but de rendre hommage à ces oubliés de l’histoire : aux morts des guerres d’Indochine et du Vietnam, aux prisonniers disparus dans les camps, aux réfugiés, aux exilés, aux victimes restées au pays et à tous ceux qui refusèrent la soumission au totalitarisme. Dans une atmosphère grave et recueillie, les participants ont observé des temps de silence et rappelé la mémoire de ceux dont le destin fut broyé par le communisme vietnamien.

Au cours de la commémoration, un groupe d’environ dix-huit militants favorables au régime communiste vietnamien s’est présenté sur les lieux avec la volonté manifeste de troubler le déroulement de la cérémonie. Selon les organisateurs, ces individus sont venus déposer des fleurs au pied du buste d’Ho Chi Minh, puis se sont placés devant les participants afin d’occuper l’espace visuel et symbolique du rassemblement. Ils ont ensuite entonné des chants à la gloire du régime, multipliant les provocations au moment même où les familles et les participants observaient un temps de recueillement pour les morts et les exilés.

La manœuvre était claire : empêcher la solennité de la cérémonie, transformer un hommage aux victimes en affrontement politique et imposer une présence militante destinée à intimider les organisateurs. Il ne s’agissait pas d’un simple désaccord d’opinion, mais d’une tentative de sabotage moral d’un moment consacré à la mémoire des disparus.

Les organisateurs ont refusé toute escalade et ont sollicité l’intervention des forces de l’ordre. Après vérification, la police a constaté que ce contre-rassemblement ne disposait d’aucune autorisation et a demandé à ses participants de quitter les lieux. Le calme a alors pu revenir et la cérémonie s’est poursuivie normalement.

Cet épisode rappelle une vérité simple : les héritiers politiques du communisme supportent difficilement que soient évoqués ses crimes. Chaque fois que la mémoire des victimes ressurgit, certains cherchent à la couvrir par le bruit, la diversion ou la propagande.

La présence, à Montreuil, d’un buste d’Ho Chi Minh demeure en elle-même un scandale politique et moral. Ho Chi Minh est le fondateur d’un régime à parti unique responsable de purges, d’internements, de persécutions et d’un exode massif. Honorer sa mémoire dans l’espace public français revient à banaliser les crimes du communisme.

La cérémonie du 25 avril a donc rempli son rôle : rappeler les faits, nommer les responsabilités et refuser que l’histoire soit confisquée par les vainqueurs ou leurs relais militants. Le communisme n’est pas une abstraction doctrinale. Au Vietnam comme ailleurs, il a laissé derrière lui des prisons, des tombes et des peuples jetés sur les routes de l’exil.