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Journée nationale d’hommage aux Harkis et aux autres membres des formations supplétives

Ce 25 septembre, la France honore les Harkis, les moghaznis et les personnels des autres formations supplétives et assimilés qui l’ont servie pendant la guerre d’Algérie. Cette journée nationale rend hommage à leur engagement, aux épreuves qu’ils ont subies et aux personnes qui leur ont porté secours. Instituée en 2003, elle est aujourd’hui inscrite dans la loi ; une cérémonie officielle est organisée à Paris et dans chaque département.

Qui étaient les Harkis et les autres supplétifs ?

Au sens strict, les harkis étaient les membres des harkas, unités auxiliaires de l’armée française. Dans l’usage courant, le mot désigne aussi d’autres hommes engagés : les moghaznis, chargés notamment de la protection des Sections administratives spécialisées (SAS), les membres des groupes mobiles de sécurité ou ceux des groupes d’autodéfense. Ne relevant pas des mêmes unités ils furent cependant tous exposés, à des degrés divers, du fait de leur lien avec la France.

Leur engagement s’inscrivait dans une guerre qui signifiait défendre ses proches, sa terre et son avenir

Que leur est-il arrivé en 1962 ?

À la fin de la guerre, les formations supplétives furent désarmées et démobilisées. Après le cessez-le-feu du 19 mars 1962 puis l’indépendance de l’Algérie, de nombreux anciens supplétifs et leurs familles subirent des représailles. Certains furent tués, emprisonnés ou durent se cacher. Des officiers, des civils et des réseaux d’entraide réussirent à en faire partir une partie vers la France. D’autres restèrent en Algérie.

Pour les familles arrivées en métropole, le danger avait pris fin, mais l’épreuve continuait. Beaucoup passèrent par des camps de transit ou des hameaux de forestage. La précarité, l’isolement et les restrictions imposées dans certaines structures ont marqué durablement les parents et les enfants. La loi du 23 février 2022 reconnaît l’abandon des supplétifs et la responsabilité de la France dans l’indignité des conditions d’accueil et de vie faites à des rapatriés et à leurs familles.

Pourquoi la France a-t-elle une dette envers eux ?

Ces hommes ont servi la France. Au moment où leur engagement les mettait en péril, elle n’a pas assuré leur protection. Elle a ensuite imposé à une partie de ceux qu’elle reçut des conditions de vie indignes. La dette morale tient à ces deux manquements : l’abandon et les conditions d’asile.

La reconnaissance officielle a progressé, jusqu’à la demande de pardon formulée au nom de la France en 2021 et à la loi de 2022. Elle oblige aussi à transmettre les faits avec précision, à écouter les familles et à répondre aux détresses qui demeurent.

Le combat du Secours de France

Fondé par Clara Lanzi en 1961, le Secours de France est venu en aide aux Harkis rescapés et à leurs familles. Cette fidélité se poursuit. L’association apporte un soutien matériel et moral aux anciens supplétifs, à leurs veuves et à leurs descendants ; elle contribue aux soins et aux dépenses urgentes, attribue des bourses et soutient des initiatives qui transmettent leur histoire.

Le Secours de France ne prétend pas acquitter à lui seul la dette de la France. Il prend sa part, auprès de personnes et de familles dont les besoins sont réels. En ce jour d’hommage, faire un don, c’est transformer le souvenir en aide concrète.