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La Région Sud renforce son engagement en faveur des Harkis

La Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONaCVG) ont signé, le 29 avril dernier, une convention de partenariat destinée à renforcer leur action commune en faveur des Harkis et de leurs familles. Cette convention, conclue pour cinq ans, marque une nouvelle étape dans le travail de reconnaissance et de transmission engagé depuis plusieurs années dans la région.

La signature est intervenue entre Sylvaine Di Caro et Marie-Christine Verdier-Jouclas. Elle vise notamment à mieux coordonner les politiques mémorielles, à soutenir les familles harkies et à préserver les lieux marqués par cette histoire encore trop souvent méconnue.

La convention prévoit plusieurs mesures concrètes. La Région souhaite faciliter l’accès des enfants de Harkis aux emplois réservés dans les services régionaux lorsqu’ils disposent d’un passeport professionnel délivré par l’ONaCVG. Elle entend également renforcer les actions de mémoire à travers un appel à projets régional destiné aux communes accueillant des sites mémoriels liés à l’histoire harkie.

L’un des axes majeurs du partenariat concerne aussi les anciens hameaux de forestage. Ces lieux, où de nombreuses familles harkies furent installées après leur arrivée en France à partir de 1962, demeurent des témoins essentiels d’une histoire douloureuse. La Région Sud souhaite désormais travailler avec l’État afin d’assurer la protection patrimoniale de certains de ces sites.

Cette démarche s’inscrit dans un travail mémoriel engagé depuis plusieurs années. Depuis 2016, la Région affirme avoir recensé 32 hameaux de forestage sur son territoire. Elle soutient également des projets documentaires, des associations mémorielles ainsi que la Maison d’Histoire et de Mémoire d’Ongles, lieu unique en France entièrement consacré à l’histoire des Harkis.

Le partenariat prévoit enfin la mise en place, avec l’ONaCVG, d’un programme de collecte et de valorisation des témoignages des familles harkies. Dans un contexte où disparaissent progressivement les témoins directs de la guerre d’Algérie et de l’exil qui suivit, cette transmission apparaît essentielle.

Cette initiative intervient alors que la question harkie continue d’occuper une place importante dans le débat mémoriel français. Depuis la loi du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les Harkis, plusieurs dispositifs de réparation et de reconnaissance ont été engagés par l’État. La Commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation poursuit notamment l’examen des dossiers des anciens supplétifs et de leurs familles.

Soixante-quatre ans après l’abandon de milliers de Harkis à la fin de la guerre d’Algérie, puis l’accueil souvent indigne réservé à ceux qui purent rejoindre la France, la question de la fidélité de la Nation envers ceux qui l’avaient servie demeure un enjeu profondément vivant. Derrière les conventions, les dispositifs administratifs et les politiques publiques, il subsiste des familles, des souvenirs, des blessures et une mémoire française qui refuse de disparaître.