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Mémoire de la guerre d’Algérie : une lecture idéologique contestée

Dans une tribune publiée sur Le Figaro Vox, intitulée « Mémoire de la guerre d’Algérie : quand Benjamin Stora déforme les faits », Fatima Besnaci-Lancou et Houria Delourme-Bentayeb mettent en cause la grille de lecture historique portée par Benjamin Stora et, plus largement, l’usage politique de la mémoire du conflit algérien.

La tribune reproche à Benjamin Stora de ne pas se limiter à un travail d’historien, mais de proposer une relecture orientée de la guerre d’Algérie, fondée sur une vision militante héritée de son engagement politique des années 1960-1970.
Selon l’auteur, cette approche conduit :
– à sélectionner les faits allant dans le sens d’une culpabilisation univoque de la France ;
– à minimiser, relativiser ou passer sous silence les violences internes au camp indépendantiste ;
– à transformer un travail historique en instrument de pression mémorielle et diplomatique.

L’enjeu n’est donc pas seulement historiographique, mais politique : la mémoire devient un levier pour exiger repentance, excuses officielles et concessions symboliques, au détriment d’une analyse rigoureuse et équilibrée des faits.

Le Secours de France partage ce constat critique

Notre association rappelle que la mémoire de la guerre d’Algérie concerne d’abord des hommes et des femmes concrets : anciens combattants, appelés, supplétifs harkis, civils européens et musulmans pris dans la tourmente. Cette mémoire ne peut être confisquée par une lecture idéologique unique.

Nous estimons que :
– l’histoire ne peut être réduite à un récit à charge contre la France ;
– la reconnaissance des souffrances ne saurait se transformer en procès permanent de la nation ;
– le devoir de vérité impose de considérer l’ensemble des responsabilités, sans hiérarchisation militante.

À ce titre, le Secours de France s’oppose à toute instrumentalisation mémorielle qui alimente la division, l’oubli sélectif et l’effacement de ceux qui ont servi la France et en ont payé le prix.

Benjamin Stora : un historien engagé

Benjamin Stora se présente comme un expert incontournable de la guerre d’Algérie. Pourtant, ses propres écrits éclairent la nature de son engagement politique initial.

Dans un ouvrage autobiographique intitulé L’arrivée, de Constantine à Paris, il raconte comment, en janvier 1971, il recruta Jean-Christophe Cambadélis pour le compte des trotskistes lambertistes. Cambadélis, sous le pseudonyme de « Kostas », deviendra par la suite l’un des principaux dirigeants de ce courant.

Cet épisode, relaté par Stora lui-même, rappelle que sa formation intellectuelle et militante s’inscrit dans une tradition idéologique très marquée. Le Secours de France considère qu’il est légitime, dans ces conditions, d’interroger la prétendue neutralité scientifique de ses travaux lorsqu’ils servent aujourd’hui de référence officielle à la politique mémorielle de l’État.

Source : Benjamin Stora, L’arrivée, de Constantine à Paris

La tribune publiée dans Le Figaro Vox pose une question centrale : peut-on confier la mémoire d’un drame national à une lecture historiquement orientée et politiquement engagée ?

Pour le Secours de France, la réponse est claire : la mémoire de la guerre d’Algérie exige rigueur, pluralité des points de vue et fidélité aux faits, afin d’honorer dignement ceux qui ont servi la France et de transmettre une histoire complète, non falsifiée.

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