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À Valence, une stèle pour honorer le capitaine Rabah Khéliff

Le 5 juillet prochain, à Valence, pourrait être inaugurée une stèle en hommage au capitaine Rabah Khéliff, figure d’honneur de l’armée française, défenseur des harkis et homme de courage dont l’action héroïque lors du massacre d’Oran demeure dans la mémoire de nombreux Français d’Algérie.

Porté par Denis Kremer, avec le soutien d’associations d’anciens combattants, de rapatriés et de nombreux donateurs, ce projet vise à rendre un hommage durable à celui que beaucoup considèrent comme l’un des rares officiers français à avoir agi pour sauver des vies le 5 juillet 1962 à Oran.

Le héros du 5 juillet 1962

Né en Kabylie en 1933, ancien enfant de troupe, Rabah Khéliff s’engage à dix-huit ans pour combattre en Indochine. Blessé et fait prisonnier à Diên Biên Phu, il survit à la captivité avant de poursuivre sa carrière militaire en Algérie.

Le 5 juillet 1962, alors que l’Algérie célèbre son indépendance, Oran sombre dans le chaos. Des centaines d’Européens et de musulmans fidèles à la France sont arrêtés, enlevés ou assassinés. Alors que les forces françaises reçoivent l’ordre de ne pas intervenir, le lieutenant Rabah Khéliff décide d’agir selon sa conscience.

À la tête d’une partie de sa compagnie, il se rend à la préfecture d’Oran où des femmes, des enfants et des vieillards sont regroupés sous la surveillance du FLN. Il obtient leur libération et organise des patrouilles pour sécuriser les axes menant au port et à l’aéroport. Au péril de sa vie, il sauve de nombreux civils promis à une mort certaine.

Dans son propre témoignage, il raconte avoir lancé au préfet : « Je vous donne trois minutes pour faire libérer tous ces gens-là. Sinon, je ne réponds plus de rien. » Quelques instants plus tard, les prisonniers étaient libérés.

Un défenseur infatigable des harkis

Après son retour en métropole, Rabah Khéliff consacre son énergie à la défense des Français musulmans restés fidèles à la France. Il obtient notamment la reconnaissance du statut d’ancien combattant pour les harkis et œuvre pour la création de la journée nationale d’hommage aux harkis célébrée chaque 25 septembre.

Fondateur de l’Union nationale des anciens combattants français musulmans (UNACFM), interlocuteur régulier des pouvoirs publics, il est reçu à plusieurs reprises à l’Élysée et devient une figure incontournable de la cause harkie.

Commandeur de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du Mérite, il demeure pour beaucoup l’exemple d’un engagement fidèle au service de la France.

Une mémoire vivante

Le projet de Valence prévoit l’installation de la stèle à proximité du monument dédié aux harkis, au carré militaire du cimetière de la ville. La municipalité s’est engagée à financer le socle et son installation. Par ailleurs, une demande de création d’une « Allée Capitaine Rabah Khéliff » est actuellement soutenue auprès de la municipalité.

Pour les initiateurs du projet, il s’agit non seulement de rendre justice à un homme d’exception, mais aussi de transmettre son exemple aux générations futures. Homme de foi, patriote français, défenseur des harkis et artisan d’un islam compatible avec les valeurs françaises, Rabah Khéliff laisse l’image d’un serviteur fidèle de la France et d’un homme qui, lorsque tant d’autres hésitaient, choisit d’agir pour sauver des innocents.

Plus de vingt ans après sa disparition, son nom continue d’incarner le courage, la fidélité et l’honneur.