Français d’Algérie : l’enracinement, la fidélité, l’exil
Avec Vie et mort des Français d’Algérie, 1830-1962 (Perrin), Jacques Frémeaux retrace l’histoire d’une population dont l’attachement à la France et à sa terre natale demeure trop souvent incompris.
Agriculteurs, artisans, commerçants, employés ou fonctionnaires : les Français d’Algérie formaient une société diverse, que la figure du grand propriétaire ne saurait résumer. Dans son entretien à Marianne, recueilli par Étienne Campion le 9 octobre 2026, l’historien rappelle ce qui les rassemblait : « L’unité venait de l’attachement à la France ». Il souligne aussi leur contribution aux armées de la Libération, en Italie, en France puis en Allemagne.
Cet attachement patriotique était inséparable d’un enracinement, l’Algérie était le pays des naissances, du travail et des tombeaux. Partir en 1962 signifira abandonner tout un cadre d’existence pour une métropole souvent mal connue. Frémeaux le formule dans son entretien avec Olivier Dard, publié par la Nouvelle Revue politique le 9 octobre 2026 : « Leur petite patrie a disparu, effacée dans l’Algérie indépendante. »
La diversité de ce peuple, son engagement au service de la France et la rupture de l’exode constituent autant de raisons de s’intéresser à cet ouvrage. Il aborde une histoire chère au Secours de France : celle de compatriotes dont les épreuves ne peuvent être comprises sans reconnaître d’abord la profondeur de leurs fidélités.
Jacques Frémeaux, Vie et mort des Français d’Algérie, 1830-1962, Perrin.