Portrait de Jean Monneret, couverture de son livre Histoire cachée du parti communiste algérien et photographie d’archives.
Algérie, Livres

Histoire cachée du parti communiste algérien

Dans Histoire cachée du Parti Communiste Algérien. De l’Etoile nord-africaine à la bataille d’Alger, Jean Monneret s’efforce de démystifier la participation, revendiquée tout d’une pièce, des communistes français à la lutte pour l’indépendance de l’Algérie.

Partisans de la répression après les émeutes de Guelma et de Sétif en 1945, ils ne soutiennent pas véritablement l’insurrection de novembre 1954. Ils votent les pouvoirs spéciaux demandés par Guy Mollet pour faire face au FLN. Tout en condamnant les “provocations colonialistes”, le PCA s’oppose à tous “les actes individuels”. Il faut attendre la désertion de l’Aspirant Maillot en 1956, avec un camion d’armes, pour que la position des communistes évolue et le FLN, en dépit des accords conclus, fera “sortir le PCA de l’Histoire.” On retrouvera des militants communistes passés au FLN, artisans d’attentats “contre des objectifs stratégiques” comme Ferdinand Yveton, pris, condamné et exécuté, sans que le PCF manifestât une émotion excessive.

Avec la bataille d’Alger, débute “l’affaire Audin”, universitaire communiste, compromis dans l’exfiltration de cadres du Parti et assigné à résidence. Sa “disparition” donnera lieu à la création du “Comité Maurice Audin”, à la mobilisation de l’appareil et des “compagnons de route”, dans les violentes “campagnes contre la torture” et à la publication de La Question d’Henri Alleg, qui, peut–être à cause de son interdiction, connut un certain succès.

Une postface et des annexes rendent compte des positions respectives des parties et de l’enquête effectuée par J.-C. Deniau dans La vérité sur la mort de Maurice Audin.

En conclusion, l’auteur considère qu’en dépit d’un ralliement tardif à la lutte armée, l’histoire du Parti communiste en Algérie, contrairement à ce qui s’est passé en Chine ou en Indochine, fut celle d’un échec. Pour les nationalistes algériens, ils restèrent des étrangers, des “patriotes à éclipses”.

Editions Via Romana (http://via-romana.fr), 176 p., 18 €


Source : Bulletin de Noël 2016 du Secours de France, p. 11.