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Valbonne : la mémoire harkie poursuit son inscription dans le paysage local

Le sujet n’est pas nouveau. Le Secours de France évoquait déjà récemment l’initiative portée à Valbonne pour faire vivre la mémoire des harkis et lui donner une place visible dans l’espace public.
Mais les développements récents confirment une dynamique qui s’ancre dans la durée.

Une mémoire encore à faire reconnaître

« Les premiers habitants, c’était nous, les suivants, c’était des animaux. »

Cette parole d’Abdelhamid Aberkane, ancien habitant du hameau de forestage de la Bouillide, illustre la réalité vécue par de nombreuses familles harkies installées sur ce site entre 1967 et 1992.
Derrière ce constat, une même exigence demeure : faire reconnaître cette histoire, la transmettre, et l’inscrire pleinement dans le récit national.

Une initiative structurée et portée collectivement

Créée en septembre 2025, l’association « Mémoire des anciens harkis de la cité de la Bouillide – Valbonne et leurs ami(e)s » rassemble anciens habitants et descendants.

Son objectif est clair : structurer un travail de mémoire à la fois local et durable. Dans la continuité du projet déjà présenté, l’association confirme sa volonté de créer une « maison de la mémoire » sur le site même de l’ancien camp.

Un lieu de transmission concret

Le projet se précise : un espace d’environ 70 m², conçu comme un lieu pédagogique et vivant.

Ce futur lieu doit permettre :
– de présenter des expositions sur la vie dans le camp,
– de transmettre aux jeunes générations une histoire encore peu connue,
– d’accueillir des témoignages directs d’anciens habitants.

L’ambition est explicite : montrer concrètement ce qu’a été la vie dans ces hameaux de forestage, et sortir d’une mémoire abstraite ou marginalisée.

Une ouverture au grand public

Au-delà du cadre scolaire, l’association souhaite ouvrir ce lieu à tous : habitants, visiteurs, curieux de passage dans la région.

Des permanences et des visites sur rendez-vous sont envisagées, avec un point central : la transmission directe par la parole des témoins.

Un enjeu administratif décisif

Comme évoqué précédemment, le principal obstacle reste administratif.

Le terrain concerné étant classé en zone naturelle dans le Plan local d’urbanisme (PLU), une modification est nécessaire pour permettre la construction.

Une enquête publique a été engagée. Elle constitue une étape déterminante avant le vote du conseil municipal, qui devra se prononcer sur la faisabilité du projet.

Une continuité, mais aussi une attente

Ce nouveau développement confirme que le projet de Valbonne ne relève pas d’une initiative ponctuelle, mais d’un travail de fond.

Il s’inscrit dans une démarche plus large : celle de la reconnaissance, de la transmission et de la fidélité à une mémoire longtemps tenue à distance.

La décision à venir du conseil municipal sera, à cet égard, déterminante. Elle dira si cette mémoire peut, concrètement, trouver sa place dans l’espace public.

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