Pujol de Bosc : la mémoire harkie à hauteur d’homme
Le 20 septembre 2026, les harkis et leurs familles se sont retrouvés à Pujol de Bosc, dans l’Aude, pour une journée organisée par S.A.C.H.E Aude-France. Le dévoilement d’un panneau mémoriel et les retrouvailles autour des anciens ont donné à cet hommage sa solennité, mais aussi sa chaleur : celle d’une histoire dont les témoins peuvent encore se parler et se reconnaître.
À la tête de S.A.C.H.E Aude-France, Sabbah Atrous poursuit l’engagement de son père. Une photographie ancienne le montre à Carcassonne, une gerbe dans les bras, devant les porte-drapeaux. Ce cliché, pris plus de dix ans auparavant, rappellait que la journée de Pujol de Bosc s’inscrivait dans une fidélité familiale autant qu’associative.
La matinée avait commencé autour d’un petit déjeuner et de gâteaux orientaux, avant les allocutions et le cérémonial. Sabbah Atrous, le maire de Villeneuve-Minervois, Alain Ginies, Jessica Servet, vice-présidente de Carcassonne Agglo, et la conseillère départementale Mme Navarro-Estalle ont ensuite pris la parole. Le dévoilement du panneau mémoriel était suivi d’un dépôt des gerbes. Deux anciens combattants harkis, Boudjema Chabane et Abdelkader Boumadi, ont déposé la gerbe de l’association, accompagnés d’un fils d’ancien harki. Leur présence donnait au geste une gravité particulière. Les hommes auxquels l’hommage était rendu étaient là, parmi les familles, et prenaient part eux-mêmes à la cérémonie.
Parmi les échanges de cette journée, l’un mérite qu’on s’y arrête. Sabbah Atrous a rencontré un ancien enseignant du hameau de Pujol de Bosc, qui y exerçait en 1970 et qu’elle ne connaissait pas jusque-là. Un ancien professeur peut apporter au récit ce qui échappe aux seules chronologies : le souvenir d’une classe, des noms d’élèves, les circonstances d’une enfance. Encore faut-il recueillir son témoignage avec précision. Cette rencontre ouvre ainsi une possibilité concrète pour le travail de collectage entrepris par l’association.
Après la cérémonie, les participants ont rejoint la salle municipale de Villeneuve-Minervois. Une exposition nationale y voisinait une exposition locale consacrée à Pujol de Bosc, aux harkis et à leurs familles, ainsi que les peintures de Tounès Mansouri, présentées sous le titre Harki, quelle histoire ?
L’exposition locale prolongeait utilement l’hommage : elle permettait de consacrer aux parcours familiaux davantage que le temps d’une cérémonie. Les échanges se sont poursuivis autour d’un apéritif dînatoire. Le compte rendu évoque des souvenirs douloureux, mais aussi des sourires et des rires.
À Pujol de Bosc, le panneau mémoriel restera après le départ des participants. Le travail de Sabbah Atrous et de S.A.C.H.E Aude-France se poursuit auprès des personnes : retrouver les témoins, recueillir leurs récits, faire connaître les noms. Tant que les anciens peuvent raconter eux-mêmes leur vie, les écouter est une tâche qui ne souffre pas d’ajournement.

