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Turquoise-Bisesero : justice est rendue, les accusateurs doivent désormais répondre
Après vingt et un ans d’instruction, la Cour de cassation confirme définitivement le non-lieu en faveur des militaires français de l’opération Turquoise. Accusés des crimes les plus abominables, les militaires français mis en cause ont été définitivement écartés de toute poursuite pénale. Ceux qui ont méthodiquement sali leur honneur ne peuvent maintenant se réfugier dans le silence.
Vingt et un ans pour établir ce qui n’aurait jamais dû être contesté
Le 9 septembre 2026, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par les parties civiles dans l’affaire de Bisesero. Elle a ainsi rendu définitif le non-lieu prononcé en octobre 2023, puis confirmé par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris le 11 décembre 2024. La conclusion judiciaire est sans équivoque :
« Lors des événements de Bisesero, les forces militaires françaises déployées au Rwanda ne se sont pas rendues complices par abstention de crimes de génocide et de crimes contre l’humanité commis sur des civils tutsis. »
L’affaire avait pourtant été retournée dans tous les sens. Pendant plus de vingt ans, les magistrats ont procédé à des centaines d’auditions et examiné des milliers de documents, parmi lesquels de nombreuses archives déclassifiées. La Cour de cassation souligne elle-même le « caractère approfondi de l’enquête diligentée ». Aucune charge suffisante n’a été retenue contre les officiers français. Aucun renvoi devant une juridiction de jugement n’a été ordonné. Le volet pénal est désormais clos.
Des soldats traînés dans la boue
Pendant vingt et un ans, des officiers ayant servi la France sous mandat des Nations unies ont vécu sous l’accusation de complicité de génocide et de crimes contre l’humanité. Ces mots ne sont pas des controverses ordinaires. Ils désignent les crimes les plus graves que puisse connaître le droit. Ils ont poursuivi des hommes, atteint leurs familles et jeté le soupçon sur toute une armée. Les plaintes déposées en 2005 étaient notamment soutenues par la FIDH, la Ligue des droits de l’Homme et Survie. Après avoir obtenu l’ouverture d’une interminable procédure, ces organisations refusent encore de tirer les conséquences de son issue. Leur communiqué du 10 septembre persiste à dénoncer des « interrogations majeures », comme si vingt et un ans d’investigations, deux non-lieux, un arrêt d’appel et une décision de la Cour de cassation ne comptaient pas.
Elles avaient parfaitement le droit de saisir la justice. Elles ont désormais le devoir de respecter sa décision.
Où sont les unes, les émissions et les mea culpa ?
Lorsque nos soldats étaient accusés, les tribunes, les livres, les documentaires et les entretiens se sont multipliés. La culpabilité supposée de la France est devenue, dans une partie du monde médiatique, une vérité préalable à toute enquête. Mais lorsque la justice rend une décision définitive, le silence tombe.
Comme l’a relevé Vincent Hervouët dans Le Journal du dimanche, l’arrêt de la Cour de cassation n’a suscité ni les commentaires ni les vagues médiatiques qui avaient accompagné les accusations. Ceux qui instruisaient le procès public de l’armée française regardent aujourd’hui ailleurs. Ce silence n’est pas acceptable. Une accusation largement diffusée appelle une rectification d’une ampleur comparable. L’honneur des hommes ne se répare pas dans une dépêche oubliée au fond d’un fil d’actualité. Nous attendons donc des rédactions, des journalistes, des auteurs, des responsables politiques et des militants qui ont entretenu ces accusations qu’ils rendent compte de leurs affirmations. Qu’ils publient la décision. Qu’ils expliquent ce qu’elle établit. Qu’ils accordent enfin aux militaires français la place et la parole qu’ils leur ont si longtemps refusées.
Le gouvernement doit parler
Le général Jean-Claude Lafourcade, qui commandait l’opération Turquoise, demande à juste titre une réaction officielle du ministère des Armées. Elle est indispensable.
La France ne peut envoyer ses soldats accomplir une mission extrêmement difficile, les laisser ensuite affronter seuls une campagne d’accusations pendant deux décennies, puis demeurer silencieuse lorsque la justice les met définitivement hors de cause. L’opération Turquoise fut autorisée par la résolution 929 du Conseil de sécurité des Nations unies. Déployés dans une situation de chaos, avec des effectifs initialement très limités, les militaires français ont protégé, évacué et soigné des milliers de personnes. À Bisesero, ils ont finalement secouru des centaines de rescapés. Ils n’étaient pas les complices des massacres. Ils étaient des soldats français engagés pour sauver des vies.
L’honneur ne se négocie pas
Le Secours de France salue le général Jean-Claude Lafourcade, les officiers mis en cause et tous les soldats de l’opération Turquoise. Nous n’oublions ni leur mission, ni leur courage, ni les années durant lesquelles ils ont dû défendre leur honneur.
La justice a parlé. Définitivement. Il appartient maintenant aux accusateurs de répondre de leurs campagnes, aux médias de réparer leur traitement déséquilibré et à l’État de défendre publiquement ceux qu’il avait envoyés servir sous le drapeau français. Après vingt et un ans d’accusations et d’insinuations, le temps du silence et des faux-semblants est terminé.
Les soldats de l’opération Turquoise ne réclament aucune faveur. Ils exigent ce qui leur est dû : la vérité, la justice et l’honneur.
