Guerre d'Algérie, Nos amis Pied-Noirs, Rappels historiques

Partout en France, les victimes du massacre d’Oran ont été honorées

Le 5 juillet dernier, soixante-quatre ans après le massacre d’Oran, des dizaines de cérémonies se sont tenues à travers la France pour rendre hommage aux victimes de cette tragédie, mais aussi aux Français d’Algérie, aux harkis et à toutes les familles marquées par les violences qui accompagnèrent la fin de la présence française en Algérie.

Quelques jours auparavant, le Secours de France avait publié un recensement des cérémonies organisées sur l’ensemble du territoire. Les nombreux comptes rendus parus depuis témoignent d’une mobilisation particulièrement importante des associations de rapatriés, des municipalités, des élus, des porte-drapeaux et de très nombreuses familles venues perpétuer cette mémoire.

Une mobilisation dans toute la France

Des cérémonies ont notamment été organisées à Agde, Amiens, Beaucaire, Béziers, Camaret-sur-Aygues, Carpentras, Fos-sur-Mer, La Seyne-sur-Mer, Marignane, Menton, Nice, Pau, Perpignan, Saint-Raphaël, Six-Fours-les-Plages, Valence, ainsi que dans de nombreuses autres communes comme Le Pradet, Saint-Cyr-sur-Mer, Lyon, Aix-en-Provence ou encore Alicante, où la communauté française continue d’entretenir le souvenir des victimes.

Partout, les mêmes gestes se sont répétés : dépôts de gerbes, lectures de textes, sonnerie aux morts, minute de silence, Marseillaise, chant des Africains et salut aux porte-drapeaux. Au-delà des différences locales, un même message s’est exprimé : celui du refus de l’oubli.

Des cérémonies particulièrement marquantes

À Saint-Raphaël, plusieurs centaines de personnes se sont réunies autour des élus, des associations de Français d’Algérie et des porte-drapeaux. Après la lecture d’un poème, les gerbes ont été déposées avant la minute de silence et la Marseillaise. La municipalité a rappelé que le massacre du 5 juillet 1962 avait accéléré l’exode des Français d’Algérie et demeurait une blessure profonde pour de nombreuses familles.

À La Seyne-sur-Mer, le maire Dorian Munoz a prononcé un discours particulièrement remarqué. Revenant sur les massacres du 5 juillet 1962, il a évoqué la responsabilité de l’État français, rappelé le courage des Algériens qui sauvèrent des Européens au péril de leur vie et annoncé qu’il proposerait au conseil municipal de remplacer le nom du quai du 19-Mars-1962 par « Quai de l’Algérie française 1830-1962 – Aux victimes chrétiennes, juives et musulmanes ».

À Camaret-sur-Aygues, où une contre-allée du 5 juillet 1962 avait été inaugurée quatre ans plus tôt, le maire a dénoncé le silence qui a longtemps entouré cette tragédie et rappelé que les massacres furent suivis de l’exode de centaines de milliers de Français d’Algérie. Son intervention s’est également conclue par un appel à la libération du journaliste français Christophe Gleize, détenu en Algérie.

À Fos-sur-Mer, la municipalité et l’Amicale des Pieds-Noirs se sont retrouvées au cimetière de Beaume-Loubière. Le maire Philippe Maurizot a souligné que reconnaître la souffrance des Pieds-Noirs et des harkis ne revenait pas à opposer les mémoires, mais à regarder l’histoire avec lucidité.

À Agde, les élus, l’Amicale des Français d’Afrique du Nord et les associations patriotiques ont rendu hommage aux victimes devant le monument du souvenir. Dans son allocution, Jean-Marie Ribes a rappelé que « rendre hommage aux victimes d’Oran, ce n’est pas raviver les haines ; c’est refuser l’effacement ».

À Beaucaire, la municipalité a rendu un hommage solennel aux victimes du massacre d’Oran dans une ville qui avait déjà marqué son attachement à cette mémoire en renommant, dès 2015, l’ancienne rue du 19-Mars-1962 en rue du 5-Juillet-1962. Aux côtés du maire Nelson Chaudon, élus et habitants se sont recueillis en mémoire des victimes d’Oran, mais également de celles de la fusillade de la rue d’Isly et de tous les Français tombés en Algérie avant comme après le 19 mars 1962. Le maire a rappelé l’importance de « la transmission et de la vérité historique » et réaffirmé son attachement au souvenir des Français d’Algérie et des harkis.

À Nice, la Ville et le Département des Alpes-Maritimes ont organisé une cérémonie officielle suivie d’une messe à l’église Saint-Pierre-d’Arène. Les organisateurs ont rappelé les circonstances du massacre et le drame vécu par les centaines de familles réfugiées ensuite à Mers el-Kébir.

Une mémoire portée bien au-delà des grands foyers de rapatriés

D’autres cérémonies ont rassemblé un public nombreux à Valence, Pau, Perpignan, Menton, Marignane, Carpentras, Six-Fours-les-Plages, Amiens ou encore Béziers. Partout, élus locaux, associations patriotiques, représentants des rapatriés, harkis, porte-drapeaux et familles ont témoigné de leur volonté de transmettre cette histoire aux jeunes générations.

Cette diversité géographique montre que la mémoire du 5 juillet 1962 ne se limite plus aux grands foyers historiques de rapatriés du sud de la France. Elle est aujourd’hui portée dans de nombreuses communes où les collectivités locales prennent elles-mêmes l’initiative d’organiser ces cérémonies du souvenir.

À Paris, un hommage national

La capitale a également été le théâtre de plusieurs temps forts de commémoration. Le Secours de France était présent lors de la cérémonie organisée au Mémorial national de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, quai Branly, où associations, familles de victimes, porte-drapeaux et élus se sont recueillis en mémoire des disparus du 5 juillet 1962.

La journée s’est poursuivie sous l’Arc de Triomphe, à l’occasion de la traditionnelle Cérémonie du Ravivage de la Flamme du Soldat inconnu. Ce moment solennel revêtait une signification particulière pour le Secours de France puisqu’un jeune porte-drapeau (8 ans), fils de l’un des membres de notre équipe, avait l’honneur de représenter notre association lors de cette cérémonie nationale. Une présence symbolique qui illustre la transmission de cette mémoire entre les générations et rappelle que le souvenir des victimes du 5 juillet 1962 continue d’être porté par la jeunesse française.