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Harkis : plus de 6 millions d’euros de réparations et trois lauréats du prix Général François Meyer

Dans son bulletin n°11, couvrant la période de juillet à octobre 2026, la Commission nationale indépendante Harkis (CNIH) présente les dernières décisions de réparation, revient sur les hommages du 25 septembre et annonce les lauréats du prix Général François Meyer. Deux portraits éclairent ce bilan : ceux de Norbert Tafzi, ancien capitaine de vaisseau, et de Malika Gherdis, psychanalyste et autrice.

Réparations : 1 019 dossiers ont reçu une issue favorable

Les trois commissions de réparation détaillées dans ce numéro ont examiné 1 683 dossiers, dont 1 019 ont reçu une issue favorable, pour un montant total de 6,221 millions d’euros.

Le bilan se répartit ainsi :
– 20 août : 852 dossiers présentés, dont 587 favorables, pour 3,6 millions d’euros ;
– 16 septembre : 781 dossiers présentés, dont 382 favorables, pour 2,383 millions d’euros ;
– 24 septembre : 50 dossiers présentés, tous favorables, pour 238 000 euros.

Ces montants comprennent les recours validés : 234 lors de la première commission, 132 lors de la deuxième et 25 lors de la troisième. Ils sont donc inclus dans le bilan annoncé et ne constituent pas des sommes supplémentaires.

Le 25 septembre, deux hommages nationaux aux harkis

La Journée nationale d’hommage aux harkis a donné lieu à une cérémonie dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides, présidée par Alice Rufo, ministre déléguée pour la mémoire et les Anciens combattants.

Le même jour, Emmanuel Macron a présidé le ravivage de la flamme à l’Arc de triomphe, en présence de Françoise Dumas, présidente de la CNIH, et du secrétariat général de la Commission. Douze personnes ont reçu une décoration dans les ordres nationaux : des harkis, des membres de leurs familles et des personnalités engagées dans la préservation de leur mémoire.

Ces récipiendaires appartiennent à la promotion spéciale de reconnaissance aux harkis et à leurs familles du 14 juillet 2026. Le bulletin inscrit cette cérémonie dans la continuité de la demande de pardon formulée par le président de la République le 20 septembre 2021.

Transmettre l’histoire au-delà des commémorations

Le 14 septembre, le secrétariat général de la CNIH a participé à la troisième session des Assises du monde combattant, consacrée aux moyens de faire de la mémoire un principe d’action.

Les échanges ont porté sur les rapports entre histoire et mémoire, la transmission dans les territoires et à l’étranger, ainsi que la place des arts et des outils numériques. Des acteurs associatifs, culturels, universitaires, administratifs et militaires ont pris part à cette réflexion.

Le bulletin annonce une quatrième session le 2 novembre 2026, consacrée à la commémoration, à la transmission et à la cohésion nationale.

Pierre Vermeren, Norbert Tafzi et Malika Gherdis distingués

Le 7 octobre 2026, à l’hôtel de Cassini, le prix Général François Meyer/CNIH a été remis à Pierre Vermeren, Norbert Tafzi et Malika Gherdis.

La cérémonie s’est déroulée en présence de Jean-Marie Rouart, président du jury, et de Françoise Dumas, vice-présidente du jury et présidente de la CNIH. Des représentants de l’Élysée, de Matignon et de l’ONaCVG, ainsi que des parlementaires, y ont également assisté.

Les trois œuvres récompensées contribuent à faire connaître et à transmettre l’histoire des harkis. Les pièces fournies développent plus particulièrement les parcours de Norbert Tafzi et de Malika Gherdis.

Norbert Tafzi : servir la France et porter la mémoire de son père

Fils d’un ancien harki de la Demi-Brigade des fusiliers marins, Norbert Tafzi s’engage dans la Marine nationale en 1980 comme matelot. Il intègre l’École militaire de la flotte en 1990, devient officier et poursuit sa carrière jusqu’au grade de capitaine de vaisseau.

Son parcours le conduit sur plusieurs théâtres d’opérations, notamment au Liban, en Bosnie, en Afghanistan et au Timor. Il commande le commando Trépel, puis dirige l’École des commandos à Lorient. Après son départ du service actif en 2013, il poursuit son engagement dans la réserve opérationnelle.

Dans Carnet de combats, publié en 2026, il revient sur sa carrière, ses frères d’armes et l’héritage de son père. Le bulletin évoque aussi sa visite au camp de Largentière, en Ardèche, où avaient vécu des familles de harkis de la Demi-Brigade des fusiliers marins. Cette rencontre avec leur histoire renforce son attachement à la transmission de cette mémoire.

Malika Gherdis : du camp de Saint-Maurice-l’Ardoise à la psychanalyse

Née en 1966 à Uzès, Malika Gherdis grandit dans le camp de harkis de Saint-Maurice-l’Ardoise. Elle élève ensuite seule ses quatre garçons et travaille dans les transports en commun, d’abord comme médiatrice, puis comme conductrice de bus.

À quarante ans, elle reprend ses études. Entre deux trajets, aux terminus, elle lit et révise ses cours. Elle obtient le baccalauréat, puis une licence de lettres, une licence de psychologie et un master de philosophie et psychanalyse.

Son livre, Malika, l’histoire d’une psychanalyse, paru en 2026 aux éditions Champ social, retrace cette trajectoire. Elle y examine les blessures de son enfance et la place de la psychanalyse dans la compréhension de son histoire. Ce témoignage donne à connaître, à travers une expérience personnelle, les conséquences durables de la vie dans les camps et le chemin parcouru pour s’en affranchir.