Algérie : Saint Augustin en façade, chrétiens jetés à la rue
Un article récemment publié par Le360 revient sur la situation des chrétiens en Algérie et le contraste entre la mise en avant de Saint Augustin et les restrictions actuelles pesant sur les communautés chrétiennes. Le constat est sévère : d’un côté, une communication officielle valorisant l’héritage chrétien antique ; de l’autre, un encadrement juridique et administratif strict des cultes non musulmans.
Un cadre légal restrictif
L’ordonnance n° 06-03 du 28 février 2006 régit « l’exercice des cultes autres que musulmans ». Elle impose une autorisation préalable pour tout lieu de culte et toute activité religieuse organisée.
Dans les faits, de nombreuses églises protestantes ont été fermées ces dernières années. Des responsables religieux ont été poursuivis pour « exercice illégal du culte ». Les communautés concernées se réunissent souvent dans la discrétion.
Plusieurs organisations internationales ont exprimé leurs préoccupations :
– Human Rights Watch a documenté les entraves administratives visant les Églises non musulmanes.
– L’ONG Portes Ouvertes classe régulièrement l’Algérie parmi les pays où la pression sur les chrétiens est significative dans son Index mondial de persécution.
– L’oeuvre SOS Chrétiens d’Orient qui documente et intervient en Syrie, Irak, Liban, Jordanie, Arménie, Egypte, Pakistan, et Ethiopie.
– Des mécanismes liés aux Nations Unies ont évoqué des préoccupations concernant la liberté religieuse dans le pays.
Le contraste est réel : célébrer Saint Augustin comme gloire historique africaine tout en limitant l’expression chrétienne contemporaine interroge sur la cohérence entre discours patrimonial et pratique politique.
Une réalité mondiale préoccupante
La situation algérienne s’inscrit dans un phénomène plus large.
Selon les données publiques, plus de 360 millions de chrétiens vivraient dans des contextes de persécution ou de forte discrimination.
Quelques points d’actualité récents :
– Au Nigeria, les attaques de groupes djihadistes contre des villages chrétiens se poursuivent dans certaines régions.
– Au Pakistan, les lois sur le blasphème continuent d’exposer des chrétiens à des accusations lourdes et parfois instrumentalisées.
– En Chine, les Églises indépendantes subissent un contrôle étroit des autorités.
Au Proche-Orient, l’exode des communautés chrétiennes historiques reste une réalité durable.
L’Arménie : une urgence récente
Le cas de l’Arménie a rappelé brutalement la fragilité des communautés chrétiennes dans certaines régions du monde.
Après l’offensive de l’Azerbaïdjan en 2023 dans le Haut-Karabakh, des dizaines de milliers d’Arméniens ont été contraints de fuir. Il s’agissait d’une population historiquement chrétienne, enracinée depuis des siècles sur ces terres.
Le Secours de France a alerté à plusieurs reprises sur cette situation et soutenu des opérations de solidarité en faveur des familles déplacées. Fidèle à sa mission de solidarité et de reconnaissance envers ceux qui ont servi la France ou défendu leur identité chrétienne et nationale, l’association s’est mobilisée pour accompagner des initiatives d’aide concrète.
Une fidélité à la liberté de conscience
La liberté religieuse ne se mesure pas à la restauration d’un monument ou à la valorisation d’une figure historique. Elle se vérifie dans la protection effective des fidèles d’aujourd’hui.
Qu’il s’agisse de l’Algérie, du Nigeria, du Pakistan ou de l’Arménie, une constante demeure : les minorités chrétiennes restent, dans de nombreuses régions du monde, exposées à la pression, à la violence ou à la marginalisation.
Le devoir de solidarité n’est ni polémique ni partisan. Il relève d’une exigence simple : défendre la liberté de conscience et la dignité des communautés menacées.
Saint Augustin appartient à l’histoire universelle.
Les chrétiens persécutés, eux, relèvent de notre responsabilité présente.