Algérie : une loi criminalisant la colonisation française et insultant les harkis
Le Parlement algérien a adopté, le 9 mars 2026, une loi criminalisant la colonisation française tout en maintenant l’opprobre sur les harkis. Pour le Secours de France, ce texte n’est ni une œuvre de justice ni un travail de mémoire : c’est une arme politique contre la France et une insulte à ceux qui lui sont restés fidèles.
Le 9 mars 2026, le Parlement algérien a adopté une version amendée de la loi dite de « criminalisation de la colonisation française ». Si les demandes initiales d’« excuses officielles » et de réparations généralisées ont été retirées du texte final, l’essentiel demeure : l’État français y est juridiquement désigné comme responsable de son passé colonial en Algérie, la demande de reconnaissance officielle reste inscrite, des compensations liées aux essais nucléaires sont maintenues, et le texte prévoit des sanctions pénales contre toute « glorification » ou « promotion » du colonialisme. La « collaboration des harkis » y est encore qualifiée de « trahison ».
Il faut appeler les choses par leur nom. Cette loi n’est pas un texte d’histoire. Ce n’est pas non plus un texte de justice. C’est un instrument politique, tourné contre la France, contre la liberté de recherche, contre la liberté de parole et contre la mémoire de ceux qui ont servi fidèlement notre pays.
Car enfin, que dit ce texte ? Il ne se contente pas d’entretenir une mémoire officielle algérienne déjà saturée de propagande d’État. Il entend désormais punir ceux qui s’écarteraient de cette version imposée de l’histoire. Des peines de prison sont prévues pour quiconque « glorifie » le colonialisme ou en ferait la promotion par des propos, des écrits, des images, des activités médiatiques, académiques, culturelles ou politiques. Ce glissement est grave : il ne s’agit plus seulement de commémorer, mais d’interdire de contester le récit officiel.
Pour le Secours de France, un point est particulièrement odieux : la persistance, dans ce texte, de la condamnation des harkis comme « traîtres ». Certes, la formulation a été atténuée par rapport à la première mouture, qui parlait de « haute trahison ». Mais le fond demeure inchangé : ceux qui ont choisi la France, ceux qui l’ont servie, ceux qui ont souvent payé cet engagement par l’abandon, le massacre, l’exil ou l’humiliation, restent officiellement voués à l’infamie par le régime algérien.
Le Secours de France le dit clairement : nous n’acceptons pas que les harkis soient une nouvelle fois livrés à la vindicte. Nous n’acceptons pas que leur fidélité soit salie par ceux-là mêmes qui ont bâti leur légitimité politique sur l’effacement des réalités, la réécriture du passé et la désignation permanente de la France comme coupable universel.
Cette loi confirme une chose simple : à Alger, la mémoire n’est pas un travail de vérité. C’est un levier de régime. Quand le pouvoir algérien est en difficulté, quand il lui faut ressouder, détourner, mobiliser, il ressort le dossier français. La France sert alors de repoussoir commode, de rente diplomatique, de carburant idéologique. Le texte adopté en mars 2026 s’inscrit dans cette logique. Même vidé d’une partie de ses dispositions les plus explosives, il reste conçu pour maintenir une pression symbolique, politique et judiciaire sur notre pays.
Il faut aussi regarder en face notre propre faiblesse. Depuis des années, les autorités françaises multiplient les gestes mémoriels sans jamais obtenir ni apaisement ni réciprocité. Paris a d’ailleurs dénoncé dès décembre 2025 une initiative « manifestement hostile » à la reprise du dialogue franco-algérien. Mais cette réaction, pour juste qu’elle soit, arrive après une longue suite de concessions verbales et symboliques qui ont accrédité l’idée que la France finirait toujours par s’accuser davantage.
Le Secours de France refuse cette mécanique de l’abaissement. Oui, l’histoire de l’Algérie française fut tragique, complexe, douloureuse. Oui, elle appelle le sérieux, la rigueur et la vérité. Mais non, elle ne peut être abandonnée aux procureurs, aux faussaires et aux héritiers d’un discours officiel qui ne supporte ni nuance ni contradiction.
La France n’a pas à se soumettre à une législation étrangère qui prétend dicter ce qu’il faudrait penser, dire ou enseigner de son propre passé. Elle n’a pas à accepter qu’un régime stigmatise encore les harkis, ces Français de cœur et de fidélité, déjà trahis une première fois en 1962. Elle n’a pas à entrer dans une repentance sans fin, pendant que l’autre camp se réserve le monopole de la souffrance, de la légitimité et du récit.
La vérité historique mérite mieux que les lois de circonstance. Elle mérite le travail des historiens, l’ouverture des archives, la confrontation des faits, la reconnaissance des drames. Elle mérite aussi qu’on rappelle une évidence trop souvent oubliée : dans cette histoire, il y eut des victimes, mais il y eut aussi des fidélités, des sacrifices et des engagements français que personne n’a le droit d’effacer.
En s’en prenant à la France, en criminalisant toute parole dissidente et en maintenant l’opprobre sur les harkis, le pouvoir algérien montre une fois de plus qu’il préfère l’intimidation à la vérité.
Le Secours de France, fidèle à sa mission, sera toujours du côté de ceux qu’on veut faire taire : les harkis, les familles d’anciens combattants, les Français d’Algérie déracinés, et tous ceux qui refusent que l’histoire soit confisquée au service d’une haine officielle.