Libre journal de Roger Saboureau du 26 novembre 2007.
SE Alexandre Avdeev, Ambassadeur de Russie à Paris
Kosovo, Iran, Otan, Caucase, Poutine, les droits de l'homme : en poste à Paris depuis près de six ans, Alexandre Avdeev aborde tous les sujets, même ceux qui fâchent.
Un entretien exceptionnel, paru dans le journal Valeurs Actuelles du 30 novembre 2007, publié ici en version audio intégrale.
avec Frédéric Pons, Ecrivain, Journaliste, et le Général Jacques Codet.
Ancien vice-ministre des Affaires étrangères aux côtés de Chevernadze puis Primakov, fin diplomate, ami de nombreux français, Alexandre Avdeev a fait de l'ancien bunker du boulevard Lannes un carrefour de l'amitié franco-russe.
Prisonniers et disparus pendant la guerre d’Algérie
14-12-2006
Libre journal de Roger Saboureau du 27/11/06
René Rouby, jeune instituteur en Grande Kabylie est capturé en 1958 par les hommes du redoutable et célèbre Amirouche .
Il restera prisonnier quatre longs mois avant d’être libéré à la mort du chef FLN, tué par les parachutistes du 6ème RPIMA alors qu’il rejoint la Tunisie.
Le récit de cette captivité, au cours de laquelle il verra mourir nombre de ses compagnons, est publié sous le titre "Otage d’Amirouche – une mémoire retrouvée".
Ce sont, au jour le jour, les angoisses, la faim, la torture, la peur et les très dures conditions de détention que René Rouby vient nous raconter dans cette émission.
Viviane Ezagouri, dont le père a été enlevé à Oran le 5 juillet 1962 et qui n’a appris que 42 ans après, sans précautions ni le soutien psychologique à la mode, les conditions réelles de sa mort (égorgé et brûlé dans un four de bain maure) nous parle brièvement et avec beaucoup d’émotion de sa tristesse et de son désarroi.
Jean Monneret, historien de la fin de la guerre d’Algérie rappelle également les chiffres de harkis massacrés après le cessez le feu du 19 mars 1962.
Entre Guillemette de Sairigné, fille de l’une des figures les plus emblématiques et les plus nobles de la geste gaulliste, son père, colonel de légion étrangère, tué à 33 ans en Indochine, et Agnès Bastien–Thiry, fille d’un des adversaires les plus déterminés du général De Gaulle (commandait l’équipe qui a tenté de l’assassiner au Petit Clamart, fusillé à 33 ans également), il ne pouvait y avoir à priori que des antagonismes irréductibles.
Par la magie de cette émission, ces deux filles également orphelines très jeunes d’un père admiré, mais formés dans le même culte de la patrie, abandonnent leurs préventions, se découvrent des connivences et le goût de se parler.
C’est un moment très fort de cette émission ou nous retrouvons également Henri-Christian Giraud, journaliste , écrivain, petit fils du général, et Dominique Farale, officier de légion qui a servi quelques années après dans la compagnie de la 13ème DBLE commandée par le capitaine de Sairigné à Bir Hakeim.
Parmi les invités de cette émission : le Lt Colonel Ba Xuan Huyhn, officier français d’origine vietnamienne, fait prisonnier en 1953 par le Viet Minh. Il le restera vingt trois ans, au mépris des accords de Genève de 1954 qui prévoyaient la libération immédiate de tous les captifs des deux camps.
Le récit de cet homme qui a su résister à l’embrigadement communiste pendant toutes ces années et conserver sa foi en la France est bouleversant d’émotion et de dignité. Les difficultés qu’il a rencontrées pour rejoindre la France et retrouver la nationalité française ne font guère honneur à notre pays.
Avec lui le Colonel Chauvet, fait prisonnier sur la RC 4 en 1950 et le Colonel Luciani capturé à Diem Bien Phu, racontent les conditions de détention au trop fameux camp N°1.
Ils rappellent, outre les privations et la mort de nombre d’entre eux, l' ’embrigadement diabolique exercé par les commissaires politiques communistes qui voulaient convertir le "vieil homme" et faire naître "l’homme nouveau". La démonstration effrayante de ce à quoi peut mener une idéologie dépravée.