2 Commentaires

  1. Cher monsieur,
    C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai lu votre lettre adressée à la ministre des anciens combattants. Je soutiens parfaitement tout ce que vous avez écrit. Etant moi-même un ancien d’Algérie classe 56 2B, où j’y ai effectué un séjour de 27 mois.
    Je n’étais pas dans une unité combattante, car affecté au 701ème Groupement d’Artillerie Guidée au centre d’Essais d’Engins spéciaux à COLOMB-Béchar, mais avant d’arriver à cette destination j’ai parcouru en tant qu’appelé une grande partie de l’Algérie. Débarqué du bateau Ville d’ORAN à PHILLIPEVILLE, encadré de gardes mobiles, puis transféré le lendemain à CONSTANTINE dans une unité de Dragons. Après une pose de 8 jours, car erreur d’affectation. Départ en train pour ALGER, puis ORAN et enfin COLOMB-BECHAR avec le transsaharien, voie étroite. Durée du voyage un peu plus de 3 semaines, car les trains ne circulaient plus de nuit. Tout au long de ce long périple j’ai vu des faits de guerre qui ne peuvent pas laisser indifférent un jeune de 20 ans. Dans le sud saharien également des opérations occasionnelles de renfort auxquelles j’ai participé. Autour de moi des camarades de la région de BERGERAC où j’habitais à l’époque ne sont pas revenus et seul leur nom sur les monuments au mort rappelle leur sacrifice sans parler de la douleur indélébile de leurs familles.
    Non on ne peut pas dire n’importe quoi et transformer à sa guise l’histoire
    Je vous prie de croire à l’assurance de ma parfaite considération
    Tout ceci où déjà dans un contexte familial marqué par les conflits armés/ grand pères maternel et paternel tués guerre de 1914-1918. Mon père grand invalide de guerre conflit de 1939-1945…Ma mère ayant subi 3 générations de conflits.
    Alors aujourd’hui je suis assez sensibilisé avec notamment on veut transformer l’histoire

  2. Monsieur Louis de Barrau

    Je viens de lire votre lettre à la ministre des armées
    J’en suis très ému.
    C’est un épisode de ma vie qui m’a beaucoup marqué, bien que j’ai j’y ai échappé.
    A 76 ans, j’écris mon quatrième livre, le seul destiné à être édité, mes mémoires en quelques sorte, mon testament en somme.
    Copie d’une partie qui relate la même époque, vue de Marseille.
    Bien cordialement

    Inquiétude pendant huit ans, les événements d’Algérie, pacification puis maintien de l’ordre et pour finir le 10 juin 1999, l’Assemblée nationale reconnaît officiellement la guerre d’Algérie.
    La mort au champ d’honneur du fils des laitiers du boulevard.
    Le spectacle désolant du jeune homme en fauteuil roulant, sous la fenêtre de notre chambre, les jours de soleil.
    Angoisse d’être mobilisé pour servir de viande à canon à dix huit ans.
    La batterie de DCA en bas du boulevard. Avec un copain, ou peut-être mon frère, nous avons joués à aider les militaires à introduire les balles dans les chargeurs de leurs canons anti aérien.
    Marseille a le sobriquet de première ville d’Afrique du nord.
    C’est un peu vrai, puisque les appelés du contingent transitaient massivement par là. Ça se voyait dans la ville.
    Beaucoup de produits provenant du Maghreb y arrivaient.

    Cyniquement je vous dirai que le jeudi, de 1958 à 1962, en allant au Lycée en bus, nous étions souvent retardés, à la joliette, par les camions de l’armée qui ramenaient les cercueils des jeunes hommes morts en « opération ». Les convois étaient souvent très longs.
    En 1962, le spectacle de la débâcle, l’exode des rapatriés.

    En troisième, ou en seconde, notre camarade Salm. et sa paralysie faciale, il ne parlait « que d’un côté », paralysie qu’il avait contractée en Algérie, avant que ses parents décident de quitter le pays.
    Il avait dû vivre des horreurs, gardées secrètes.

    « À partir de 1957, des milliers d’Algériens ont ainsi été internés administrativement en France dans le camp du Larzac (Aveyron), celui de St-Maurice l’Ardoise (Gard), celui de Thol (Rhône) et celui de Vadenay (Marne). » Benjamin Stora

    J’échapperai à cette infamie.

    D’ailleurs, plus tard, à Clamart, chez RENAULT, deux camarades portaient des stigmates de leurs services militaires en Algérie.
    Pé,pé,pé, mon premier chef.
    Il parlait peu de cette époque de sa vie, il était devenu bègue.
    Ce que nous avons compris, après avoir vécus des horreurs, il avait terminé son temps réglementaire, à embarquer les cercueils des « morts au champ d’honneur », dans le port d’Alger.
    Humour noir, il faisait parti de ceux qui envoyaient le contenu des camions que je suivais le jeudi matin.
    « Lapin » n’en parlait pas, mais en trois ans, ça a fini par transpirer.
    Deux victimes des maux du colonialisme moribond.

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