La crise algérienne : réflexion de Bernard Lugan

Charles
Maurras disait de la République qu’elle gouverne mal mais qu’elle se défend
bien. L’on peut dire la même chose d’un régime algérien aux abois qui vient de
tenter une ultime manœuvre pour prolonger sa survie.

Car,
en somme, ce qu’ont obtenu les millions d’Algériens qui manifestaient contre un
cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, c’est tout simplement le prolongement
de son quatrième… Avec un report des élections et un régime maître du temps qui
va désormais utiliser toutes ses courroies de transmission pour embrouiller la
situation, diviser les contestataires et tenter toutes les provocations. Y
compris celles qui pourraient conduire à un bain de sang afin de lui permettre
d’apparaître comme le garant de la stabilité.

La manœuvre réussira-t-elle ? Il est permis d’en douter car la ficelle est
bien grosse. L’opinion algérienne n’est pas dupe et elle n’a plus peur ;
d’autant plus que la police a déjà largement fraternisé avec la foule. Quant à
l’armée, elle n’est plus le bloc monolithique des décennies passées et, à force
de vouloir « finasser », le vieux général Gaïd Saleh  a fini par
en perdre le contrôle. Désormais, en son sein, la nouvelle génération n’en peut
plus du « chibanisme » ancré sur les références à une histoire que
tous savent être fabriquée.

En définitive  cet ultime coup de poker du régime pourrait bien au
contraire précipiter sa chute avec une épuration totale du système FLN et de
ses prébendiers.

L’Algérie
qui vient de sauter de l’avion avec un parachute en torche se demande si le
ventral va s’ouvrir…

Bernard Lugan

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