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Documentaire inédit réalisé par Yves Boisset
Diffusé par France 2 le Jeudi 11 Janvier 2007 à 23 h 00
Palme d’or à Yacef Saadi !
Le documentaire historique de Monsieur Yves Boisset est entièrement bâti sur la performance – dans le sens anglais du terme, de ce second couteau du F.L.N. algérois, dont l’unique mérite est d’être le seul rescapé, côté algérien, de la Bataille d’Alger !
La main sur le cœur, les yeux mouillés, le sourire matois, le regard complice, les mines pleines de sous entendus et l’emphase gestuelle, rien ne nous sera épargné pour nous faire avaler une réécriture de l’histoire mêlant mensonges, approximations, erreurs chronologiques, fausse pudeur et véritable apologie du terrorisme F.L.N.
Monsieur Yacef Saadi nous a fait un ENORME NUMERO de CLOWN, avec la complicité de Monsieur Yves Boisset ce qui est surprenant de la part d’un homme intelligent et qui est très engagé du côté algérien, rappelons nous son film « R.A.S. » de 1973.
Remettons quelques pendules à l’heure :
- Les bombes FLN dans les villes frappant à l’aveugle les civils musulmans ou européens ont commencé en Juin 1955 à Philippeville puis en Mai 1956 à Alger
- L’attentat contre-terroriste de la « main rouge » rue de Thèbes dans la Casbah du 10 Août 1956 était une réponse à la terreur qui régnait à Alger et à l'inquiétude devant l’inefficacité des forces de police et de sécurité

- Yacef Saadi déplore que la Bombe de l’usine à gaz d’Alger ait été désamorcée. Peut-on après le 11 Septembre 2001 regretter que l’explosion qui devait détruire la moitié de la ville d’Alger (800 000 habitants) ne se soit pas produite ? Est-ce possible de dire cela en souriant devant une caméra de France 2 ? Est-ce bien l’heure de soulever une polémique avec ses amis du F.L.N., Jacqueline et Abdel Kader Guerrouch au sujet du tic tac du réveil Jazz ? Les comptes ne sont-ils pas soldés ?
- Est-ce crédible de dire que c’est à partir de ce moment que la population musulmanne a basculé du côté du F.L.N. ? C’est oublier les énormes manifestations spontanées de fraternité entre musulmans et européens de Mai 1958.
Le reste du casting est tout à fait exceptionnel, chacun à sa place, disant ce qu’il a à dire sans détour, avec retenu et une grande justesse de ton.
Du côté F.L.N., les pasionarias de la révolution : Djamila Bouazza, Djouhar Akrour, « poseuses de petites bombes » responsables de plusieurs dizaines de morts et de plusieurs centaines de blessés civils, musulmans et européens confondus, à l’exception de Danièle Mine et de Nassina Habel, semblent avoir pris un certain recul par rapport à leurs actes.
Les militaires : Jacques Massu, Jacques Allaire, Marcel Bigeard, Roger Trinquier, Antoine Argoud, Hélie Denoix de Saint Marc, Paul Léger, exposent avec beaucoup de clarté la mission qui leur avait été confié par le gouvernement en place et donc la justification de leurs modes d’actions et la certitude qu’ils oeuvraient pour le bien commun dans la légalité et la justice.
Notons que l’on voit peu les politiques et à l’exception de Monsieur Guy Mollet- les autres intervenants ne sont que des personnage de second plan dans la politique nationale - et que, malgré les campagnes des intellectuels (communistes, trotskistes et certains socialistes, souvent « porteurs de grosses valises » pour le F.L.N. et à ce titre violant les engagements de la France) qui se sont élevés contre la « torture », les dirigeants politiques ont toujours et indéfectiblement soutenus l’action des parachutistes de la 10ème D.P.

Ils étaient pour la plupart socialistes, radicaux ou de centre gauche.
Monsieur Yves Boisset signe là un film très équilibré où chacun a pu exprimer son point de vue, sans entrave et avec sincérité avec un temps de parole équivalent sans manichéisme et sans partie pris; si l’on fait abstraction de Yacef Saadi qui ne contribue pas à donner de l’épaisseur au mouvement F.L.N. ni de crédibilité à son action.
Il faut lire d’ailleurs l'excellent commentaire d’Isabelle Nataf dans le Figaro du 11 Janvier qui trouve que le réalisateur, « plus de trente ans après « R.A.S. » est devenu plus juste, plus détaché, plus historique et moins clément envers les terroristes ». (1)
Il y a eu entre temps le 11 Septembre 2001 et rien ne sera plus jamais comme avant !

Il reste qu’en 1957, la victoire militaire à Alger était totale et la défaite politique ne viendra qu’après, bien après, lorsque le Général De Gaulle décidera de se séparer de l’Algérie.
(1) Référence : Le Figaro du 11/01/07
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