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La guerre future? L'armée du futur? |
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25-05-2008 |

En fin d'année, le général Vincent Desportes a publié chez Economica un ouvrage intéressant: "La guerre probable" qui donne des pistes et qui dans la réflexion menée sur le redéploiement de nos forces armées parait très intéressant et dont notre confrère "Liberté Politique" dévoile quelques idées forces. Nous reproduisons in extenso le texte paru dans la semaine du 16 mai
L’armée française, pourquoi faire ?
■ Le bouclage du Livre blanc qui doit
contenir les grandes lignes de la politique de défense et de sécurité
de la France pour les quinze années à venir est désormais imminent. Le
virage atlantiste de Nicolas Sarkozy a-t-il des conséquences sur notre
politique de défense ? Les missions de l’armée française vont être
redimensionnées. La présence de la France dans le monde et
particulièrement en Afrique va être revu à la baisse, contraintes
budgétaires obligent.
Dans un entretien au Monde (26 avril), le général Vincent Desporte (La Guerre probable, Économica,
2007) et commandant du Centre de doctrine des forces (CDEF) du
ministère de la Défense expose ses idées sur le rôle international que
la France doit ou peut encore jouer. Les différents points qu’il
développe nourrissent le débat concernant la diplomatie du chef de
l’État et l’emploi de nos forces armées. -
L’environnement international a changé. La France en prend tardivement
conscience. « Les Français ont de plus en plus de mal à faire le
rapport entre l’effort de défense et leur propre sécurité. La
professionnalisation de l’armée a distendu le lien armée-nation.
- Alors que les menaces et les dépenses militaires augmentent
partout dans le monde, « il y a une espèce d’autisme européen ».
L’Europe, et la France en particulier, diminuent leurs efforts dans le
domaine de la sécurité militaire.
- Au XXe siècle, il y avait une « sorte d’équivalence entre
l’efficacité militaire et la destruction ». Il faut revenir à la
conception de Lyautey ou de Gallieni pour qui l’important n’était pas
de détruire mais de construire. Aujourd’hui il faut être capable
d’utiliser ses armes avec la plus grande violence et de venir au
secours des populations civiles.
- L’intervention américaine en Irak marque de ce point de vue
un tournant. Jusqu’ici, les Américains ne se préoccupaient pas de
l’après-guerre (Day after). Les Américains ont pris conscience que la supériorité technologique qui leur assure la victoire ne peut leur assurer ipso facto des résultats politiques.
- Les menaces aujourd’hui portent sur des théâtres d’opérations
très éloignés. Les opinions publiques comprennent difficilement que
leur sécurité dépend d’interventions aussi lointaines.
- Cela pose la question de notre « droit d’intervenir » dans le
cadre d’une « prévention active ». Selon Vincent Desportes, « ce que
disait saint Thomas d'Aquin est toujours vrai : on a le droit
d'intervenir si on est à peu près persuadé, en son âme et conscience,
que le bien à venir est supérieur au mal passager que l'on va créer. »
Pour autant, « le concept de guerre juste est dangereux. Il suppose une
“dissymétrie morale” entre les adversaires. Cette dissymétrie est
dangereuse ».
- Il n’est pas très cohérent de s’orienter vers une réduction
des effectifs militaires au moment ou se multiplient les crises
extérieures. Si « les capacités d'action militaire se trouvaient
fortement réduites, de quel droit la France pourrait-elle exhorter ses
partenaires à s'engager avec elle dans une défense atlantique et
européenne renforcée et restructurée » ?
- Aujourd’hui, le poids politique des nations ne se mesure plus
en terme nucléaire mais par leur capacité d’intervention extérieure. En
deçà d’un certain seuil, la baisse des effectifs, même
technologiquement bien équipés, transformera nos forces en armées de
deuxième rang.
- Il manque aujourd’hui une vision d’ensemble à notre défense
pour les années à venir. « La vision gaullienne des années 1960,
c'était l'indépendance et la dissuasion, l'une étant la condition de
l'autre. En 1994, lors du précédent Livre blanc, la vision était celle de la professionnalisation et de la projection des forces. » Dans l’actuel Livre blanc,
cette vision globale n’existe pas. La population française risque de ne
pas adhérer au nouveau modèle d’armée proposée. Quant à la communauté
militaire, déstabilisée par ce manque de perspective, elle peut aussi
se politiser ; une tentation à laquelle elle avait échappé jusqu’ici.
Pour en savoir plus :
■ Vincent Desporte, La Guerre probable, Économica, novembre 2007, 150 p., 17,10 €
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