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Décolonisation, repentance - STOP Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
14-01-2007

 

 

Après le livre, un peu ardu mais très bien étayé et documenté de Daniel Lefeuvre: "Pour en finir avec la repentance coloniale", Bernard Lugan signe, avec son brio habituel, un excellent ouvrage sur l'épopée coloniale des vieux pays d'Europe, des débuts des aventuriers des mers, Portugais, Hollandais, Anglais et bien entendu Français jusqu'à la fin de l'ère coloniale.

Comme toujours avec Bernard Lugan il y a les faits, les dates, les chiffres, l'enchaînements des événements et les anecdotes, mais surtout les cartes qui sont un moyen précieux de la compréhension de l'Histoire.

 

L'aventure coloniale européenne, c'est à dire la conquète des territoires intérieurs et la domination des peuplades d'origines n'aura duré qu' environ un siècle, ce qui a l'aune de la longue mémoire ne réprésente que peu de chose.

Les idées force de ce livre:

  • L'esclave était qu'une marchandise qui enrichissait les tribus africaines noires dominantes et l'abolition de l'esclavage a souvent été le but de la colonisation
  • Autre moteur de la pénétration à l'intérieur des terres, l'oeuvre civilisatrice dont aurait été porteur les nations européennes soit sous le prétexte religieux soit sous le prétexte du progrés et des lumières
  • Pour ce qui concerne la France le parti colonialisme a son origine dans les mouvement de gauche.(1) La droite à l'époque ayant le regard fixé sur la ligne bleue des vosges voit dans les dépenses outre-mer un détournement de moyens qui auraient été plus utiles dans l'objectif de la revanche
  • Les colonies beaucoup plus coûté au budget de l'Etat à fonds perdus, même si elles ont enrichies quelques particuliers ou sociétés
  • Nous avons aucune honte, ni repentance, ni remord a nourir vis à vis de ses populations auxquelles nous avons légués notre langue, des infrastructures modernes et des possibilités d'expression très importantes
  • Nous subissons actuellement une colonisation de peuplement "pacifique" et la culpabilisation dont nous sommes victimes n'a d'autres buts que de nous faire accepter cette état de chose

 

Il faut lire cet ouvrage important de notre bon Professeur Bernard Lugan qui, dans un style très pédagogique nous permet de redresser la tête et de bomber la poitrine car nous pouvons être fier de l'oeuvre de nos grands anciens et de ce que nous avons fait à notre modeste place.

(1) Il faut lire les envollées de notre Député Victor Hugo , qui se moque des lois Gayssot et Taubiana ... c'est normal nous sommes en 1880!

 

Bernard Lugan

Editions du Rocher. Prix: 21,90 Euros

Commentaires (1)Add Comment
Pour en finir avec la dcolonisation
Ecrit par Général Maurice Faivre, janvier 25, 2007
Ayant une connaissance exhaustive de l’histoire de l’Afrique, l’auteur fait un bilan très complet de la colonisation de ce continent, par sept nations européennes, du 14ème au 20ème siècle. La recherche d’escales sur la route des Indes, conduites par les Portugais, les Hollandais et les Anglais est suivie de nombreuses explorations, en particulier vers les sources du Nil, de la traite atlantique favorisée par les potentats africains, de l’installation de colons noirs en Sierra Leone et au Liberia et de l’intervention des autres nations européennes au 19ème siècle.

L’assimilation philanthropique des Français, idée de gauche combattue par Clemenceau, se différencie de l’impérialisme sans complexe et ethno différentialiste des Britanniques, de l’évangélisme des Boers, de la place au soleil des Allemands, de l’aventure anachronique des Italiens et du rôle marginal de l’Espagne. En 1885, la conférence de Berlin établit les règles du partage. Après la 1ère guerre mondiale, les colonies allemandes et turques sont attribuées à la France et à l’Angleterre sous forme de mandats.

Le 2ème conflit mondial provoque la montée des nationalismes. La décentralisation britannique au profit des natives authorities favorise la décolonisation, mais n’empêche pas les révoltes du Kénia, la sécession de la Rhodésie et l’apartheid des Africaners. Les politiques successives de la France : Union française, Loi Defferre et Communauté, ont toujours un temps de retard sur l’actualité : la volonté unilatérale du général De Gaulle accorde à l’Algérie une indépendance bâclée, conclue par le massacre des harkis et l’épuration ethnique des Français. L’indépendance accordée précipitamment au Congo par la Belgique entraîne mutineries et sécessions. Au Portugal, la révolution des œillets n’évite pas la guerre civile en Angola et au Mozambique.

B. LUGAN rappelle de nombreux faits oubliés : - Lavigerie éducateur opposé à la conversion des musulmans – les fermes huguenotes installées en Afrique du Sud – Samary, le Vercingétorix de l’Afrique – l’extermination des Herrero répondant aux atrocités tribales – la résistance héroïque du colonel von Letow dans l’Est africain, de 1914 à 1918 – l’autonomie des colonies proposée par de Gaulle mais écartée par la conférence de Brazzaville – Neguib panislamiste et protecteur des Frères musulmans – l’opération Ecouvillon franco-espagnole en 1958 au Sahara.

Des déclarations percutantes sont exprimées par différentes personnalités. Ainsi Clemenceau réplique-t-il à Jules Ferry : Races inférieures, c’est bientôt dit ! Inférieurs, les Hindous, les Chinois, Confucius ? et Déroulède à Victor Hugo : j’ai perdu deux sœurs et vous m’offrez 20 domestiques ! Le nigerian Soginka refuse la négritude de Césaire : un tigre ne proclame pas sa tigritude ! Et Bourguiba en avril 1943 : Hors la France, pas de salut ! Le bilan de l’indépendance est jugé décevant par Ben Yamed en Octobre 1989 : Aucune promesse n’a été tenue, et par Zyad Limam en août 1990 : Trois décennies perdues … être assisté en permanence, c’est être colonisé.

Dans ses derniers chapitres, Bernard LUGAN engage une réflexion sur les doctrines, sur le rendement et sur les responsabilités de la colonisation. Il fait le constat que Jules Ferry s’est trompé, que la France a secouru les Africains et ne les a pas exploités. Il critique les fausses généralisations de Fanon et les sottises outrancières de Le Cour Grandmaison. L’Afrique est plus pauvre qu’en 1960. La démocratie a fait éclater les empires, transformant l’ethnisme en tribalisme. La réalité africaine est celle de la communauté et non des droits individuels. Le plaçage du christianisme ne gommant pas les différences ethniques, les génocides se sont multipliés. Des élites infantilisées essaient à tort de culpabiliser l’Occident et alimentent l’Intifada des banlieues. La fuite des cerveaux est une nouvelle forme de la traite. Constatant l’effondrement de la volonté de puissance des Européens, il les invite à se ressaisir. Aucune colonisation n’est éternelle dès lors que les indigènes ne sont plus disposés à la subir.


Maurice FAIVRE, le 18 janvier 2007

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