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1960 -1963 la force de police auxiliaire Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
25-11-2007

 

Enfin un livre retrace l'histoire de la force de police auxiliaire qui, sous les ordres du colonel Montaner, opéra en métropole dans les arrondissements tenus par le FLN.

Lire, ci-après, le commentaire de notre ami le général Maurice Faivre.

 

Maurice Faivre, le 20 novembre 2007.

" Dénommés parfois harkis de Paris, les calots bleus ont fait l’objet de vives critiques de la part du collectif des avocats et des sympathisants du FLN, qui les ont accusés des pires exactions lors de la lutte qu’ils ont menée de 1960 à 1962 contre les wilayas parisiennes de la Fédération de France. Mais aucune étude exhaustive ne leur avait été consacrée.

Le documentaliste Rémy Valat corrige cet oubli en nous livrant le résultat de recherches approfondies dans les archives de la Préfecture de Police et des services de renseignement, qui ont saisi de nombreux documents des Groupes armés et de l’Organisation spéciale du FLN. Les annexes publiées sur les sources publiques et privées, les témoignages recueillis et la bibliographie consultée témoignent du caractère scientifique de ce travail.

Après avoir montré comment dès 1923 la Préfecture de Police s’est efforcée de contrôler la communauté musulmane résidant en France, puis de réprimer les activités subversives des nationalistes maghrébins, l’auteur indique comment des Services d’assistance technique (SAT), analogues aux Sections administratives urbaines (SAU) d’Algérie, ont été chargés de surveiller et d’aider la population musulmane, avant que le Lt-colonel Montaner ne propose la formation d’une unité combattante à base de policiers auxiliaires musulmans.

Recrutée en majorité dans les SAS d’Algérie, la Force auxiliaire de police (FAP ou FPA) a été constituée en janvier 1960 et organisée en 3 compagnies d’une centaine d’hommes, aux ordres d’un officier français. Les compagnies étaient articulées en huit sections d’une vingtaine de policiers, commandées par des chefs algériens. L’effectif total n’a pas dépassé 400 hommes, dont 304 seront intégrés dans la police en 1963 par le préfet Papon.

Après une courte période de formation, les compagnies ont été implantées du 20 mars au 25 juin 1960 dans des arrondissements contrôlés par le FLN (13ème, 14ème et 18ème), en vue d’y rechercher le renseignement par des interrogatoires musclés (mais sans recours à la torture), et par l’infiltration d’agents dans les réseaux terroristes. Les policiers auxiliaires sont en butte à des attaques de commandos qu’ils repoussent avec succès mais non sans pertes : les disparus sont retrouvés étranglés. L’auteur décrit leurs activités jour après jour, leur état d’esprit, leur courage, la cohésion de l’ensemble malgré le double jeu de quelques-uns. Regroupés au fort de Noisy, ils poursuivent leurs opérations offensives et participent à la répression de la manifestation du 17 octobre 1961, sans brutalités cependant ; le jet de prisonniers dans la Seine depuis la préfecture de police «semble relever du fantasme ».

L’auteur met en lumière la direction à la fois ferme et humaine du colonel Montaner ; connaisseur de la langue et de la psychologie musulmane, il commande d’une façon paternaliste, parfaitement acceptée, qui favorise la camaraderie et l’esprit de corps de son unité. Il ne tolère ni les alcooliques, ni les violents, ni les trafiquants, et exclut 60 déviants. Le Président Viatte, de la Commission de vérification des mesures de sécurité, inspecte la FPA et conclut que la discipline est très stricte et que rien d’anormal ou d’irrégulier n’est toléré. Quant au président de la Commission de Sauvegarde, Maurice Patin, il dément les contre-vérités énoncées par les avocats.

Devenue l’unité offensive de la Préfecture de police, la FPA a constitué le point de fixation des attaques des commandos ennemis et a démantelé la wilaya choc de Paris. Son action psychologique n’a sans doute obtenu que des résultats locaux et passagers, bien que son action antiterroriste ait été souvent approuvée par la communauté musulmane. Le bilan opérationnel s’exprime en 110 terroristes mis hors de combat, 34 armes de guerre, 170 armes de poing, 104 grenades et 37 bombes, pains de plastic et obus récupérés. Démoralisées, les troupes du FLN cessent le combat. Ce succès explique sans doute les accusations des ennemis de la FPA et de leurs complices. L’excellent livre de Rémy Valat contribue à réhabiliter une formation, dont l’organisation et le mode d’action devraient servir de modèle dans la lutte contre les terroristes d’aujourd’hui.

Les calots bleus et la bataille de Paris. Une force de police auxiliaire pendant la guerre d'Algérie.

de Rémy Vallat

Collection Document chez Michalon - 279 pages

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