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Insulte aux harkis! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
05-12-2006

Le procureur de la République de Montpellier a requis jeudi soir 15.000 euros d'amende contre le président de la région socialiste, qui a brillé par son absence alors que les harkis étaient venus en nombre. Le tribunal correctionnel a mis son jugement en délibéré au 25 janvier.

 

 

 

Montpellier CLAUDE BELMONT.

 Publié par Le Figaro le 01 décembre 2006

Actualisé le 01 décembre 2006 : 10h03

 

 

LE COURAGE a des limites que la stratégie judiciaire ne saurait repousser. Moyennant quoi, Georges Frêche, président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, n'était pas présent hier devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour affronter les dizaines de harkis, les représentants d'associations et surtout le procureur de la République. À défaut de l'ancien maire de Montpellier, il aura fallu se contenter de sa silhouette massive et énervée sur grand écran pour revivre les deux minutes de fureur qui ont déclenché l'affaire, le 11 février dernier, lors d'une manifestation a priori banale dans le quartier des rapatriés de Montpellier.

 

« Des mots aveuglants »

 

« Vous faites partie des harkis qui ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des temps... Vous êtes des sous-hommes. Vous n'avez aucun honneur », avait-il lâché en direction d'un groupe qui le prenait à partie. Des propos qui lui ont valu une mise en examen pour injures à caractère raciste.

 

Dans un prétoire sous tension, les mots de Frêche ont une nouvelle fois résonné. Ils ont frappé en pleine face les fils de harkis. « Depuis cette affaire, je ne dors plus. Georges Frêche a mis le doigt dans une blessure mal cicatrisée, réveillant de très anciennes douleurs », raconte Ahmed Bouteldja, 67 ans, arrivé de Rouen pour témoigner. « Les invectives s'adressaient bien à deux personnes qui lui faisaient face. Mais les mots qu'il a utilisés sont tellement forts qu'ils sont aveuglants. Ils ont dépassé les deux personnes pour toucher l'ensemble de la communauté », estime Pierre-Olivier Sur, avocat d'une association et d'une trentaine d'individus.

 

Me André Ferran, le défenseur du président de la région, plaidait, lui, la relaxe de son client. « Georges Fréche ne voulait viser que deux personnes. Et il s'est excusé. On a instrumentalisé ce qu'il avait dit pour en faire une sorte de procès politique », dit-il. À la veille de sa convocation, Frêche avait déclaré, comme toujours tout en nuances : « C'est un procès stalinien, un procès de l'Inquisition qu'on me fait. » Les réquisitions étaient attendues dans la soirée. Depuis l'affaire des harkis, l'élu PS a suscité un nouveau tollé avec ses propos sur « les neuf blacks sur onze » l'équipe de France de football.

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