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« INDIGENES » film de Rachid BOUCHAREB avec Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschoy Zem, Bernard Blancan, Mathieu Simonet
Excellent film, simple, sans effet spécial, très proche du reportage ou des images d’archives du S.C.A. (1).
Nous sommes sur le terrain dans la vision du combattant, du tirailleur loin de sa terre et des siens qui avance sans toujours comprendre quelle est la valeur de son action sur l’ensemble du front, qui meurt, qui souffre, qui a chaud, qui a froid, qui pleure ses frères, qui se révolte mais qui se bat pour délivrer la « Mère-patrie », la France !
Ils n’avaient jamais quitté leurs douars, ils ne connaissaient pas la métropole, mais l’idée de la France avait une résonance, une signification qui leur inspiraient un amour « maternel ».
La patrie est en danger, nous devons aller nous battre et peut être mourir pour sa liberté.
Nous suivons ces cinq personnages, Martinez le sergent pied noir, Saïd son « ordonnance », le caporal « indigènes » instruit, Messaoud le tireur d’élite, et le goumier qui fait la guerre pour le fulüs (flousse). Nous sommes dans leur corps et dans leur tête, ils représentent la diversité de nos tirailleurs algériens, marocains, tunisiens, arabes et berbères et le prix d’interprétation collective est tout à a fait mérité. Ils nous font retrouver l’étonnement, la naïveté, la rusticité, la force, le dévouement, en un mot l’héroïsme, de ces hommes simples et authentiques auxquels les cadres officiers et sous-officiers de l’armée d’Afrique étaient si attachés.

Oui, il y eut des injustices, des incompréhensions, des erreurs des deux côtés du fait du choc du dépaysement et des cultures, mais les tirailleurs n’ont guère été plus mal considérés que les bretons de 1914/18, qui n’avaient jamais quitté leur village, ne parlaient que breton, et que l’on envoyait à l’assaut des tranchées à coup de « rhum de combat » !
La seule différence, c’est que les « indigènes » étaient volontaires et que les bretons, du fait de la conscription étaient obligés de rejoindre la Voie Sacrée !
Non, les tirailleurs n’ont pas subi plus de pertes que les pieds noirs qui servaient dans la même armées, dans les mêmes lieux, dans les mêmes combats. Entre 1943 et 1945, les musulmans ont eu 7500 tués et les européens d’Algérie 9000, pour l’essentiel durant la campagne d’Italie.
Ce qui nous gène, ce n’est pas le film en lui-même, mais plutôt l’exploitation qui en est faite, tant au plan politique qu’au plan social.
Bien entendu, « Secours de France » se réjouit que les plus hautes instances de la République se déclarent prêtes à « décristaliser » les pensions des quelques survivants. Pour notre part, nous trouvons cette prise de conscience un peu tardive !
D’autre part, l’émission de France 3 du samedi 28 Octobre a permis à quelques témoins choisis (2) d’aller plus loin que le film et de faire passer de faux messages :
- ils ont été enrôlés de force
- ils ont été les seuls à faire l’effort face à l’armée allemande
- ils n’ont reçu aucune récompense
- nous leur devons la victoire
Que va-t-il se passer maintenant, après ce film, après « Harkis », après « Amère patrie » et autres émissions autour du sacrifice des peuples du Maghreb ? de l’Afrique ?
Quel sera le sujet du prochain film de Rachid Bouchareb ? Comment sera-t-il traité ?
Qui commandite ces fictions ?
Quel est l’objectif poursuivi ?
« Secours de France » qui depuis 25 ans vient en aide à nos « vieux soldats », indigènes ou métropolitains ne participera pas à la repentance ambiante. Sans rien nier de nos erreurs, sans rien renier de nos convictions, nous resterons vigilants pour défendre la vérité.
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