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Une ténébreuse affaire.
Par Jean Monneret, L'Harmattan, 160 p., 15,50
Jean Monneret est un historien fort connu de la guerre d'Algérie et ses recherches, notamment dans les archives militaires à Vincennes, ont permis d'éclairer bien des épisodes de ce conflit. Appliquant des méthodes rigoureuses appuyées par la consultation inlassable des documents sans lesquels il n'est pas de véritable histoire, il s'est efforcé d'analyser les tenants et les aboutissants d'une sombre affaire. Que faisait à Alger, le 26 mars 1962, une troupe du 4° RT constituée de soldats musulmans arrachés au djebel? Placés face à des manifestants européens, alors qu'ils n'avaient aucune expérience du mainten de l'ordre dans les grandes villes, armés pour le combat, équipés d'armes lourdes avec chargeurs approvisionnés, ils ne pouvaient que se livrer à un massacre. Quarante-six morts (au moins) et une bonne centaine de blessés parmi la foule soldèrent cette aberration.
L'auteur remonte patiemment le fil des événements ayant conduit à cette situation, on apprend ainsi qu'une directive du général commandant l'ensemble des troupes françaises en Algérie ne fut pas respectée. On apprend également que le texte en a disparu des archives. Une autre directive prise au niveau du corps d'armée fit, subrepticement, entrer des détachements du 4° RT dans la capitale pour une tâche à laquelle rien ne les préparait.
Rapprochées d'un contexte explosif caractérisé par les actions de l'OAS, le blocus du quartier populaire de Bab-el-Oued et la volonté du général De Gaulle d'en finir avec l'armée secrète, ces mesures aboutirent à une tragédie. L'opinion publique est restée indifférente. Contrairement à ce qui se passe pour d'autres victimes de la guerre d'Algérie, celles du 26 mars 1962, n'ont eu droit qu'au "devoir d'amnésie".
Virginie Tanlay • La Nouvelle Revue d'Histoire.
Voir aussi : Le site de Jean Monneret
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« INDIGENES » film de Rachid BOUCHAREB avec Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschoy Zem, Bernard Blancan, Mathieu Simonet
Excellent film, simple, sans effet spécial, très proche du reportage ou des images d’archives du S.C.A. (1).
Nous sommes sur le terrain dans la vision du combattant, du tirailleur loin de sa terre et des siens qui avance sans toujours comprendre quelle est la valeur de son action sur l’ensemble du front, qui meurt, qui souffre, qui a chaud, qui a froid, qui pleure ses frères, qui se révolte mais qui se bat pour délivrer la « Mère-patrie », la France !
Ils n’avaient jamais quitté leurs douars, ils ne connaissaient pas la métropole, mais l’idée de la France avait une résonance, une signification qui leur inspiraient un amour « maternel ». |
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