|
07-06-2008 |

Encore et toujours des chrétiens poursuivis et condamnés en Algérie du fait de leur foi qui, malgré la liberté de conscience garantie par la constitution, semble incompatible avec la religion d'état: l'Islam. Reprenant les sources AFP, le Figaro et Radio Vatican, "liberté Politique" nous informe de cette nouvelle et récente affaire de Tiaret.
Vous pouvez suivre ce lien pour accéder au site libertepolitique.com
Ou lire la suite ci-après.
Islam et délit de chrétienté
■ Quatre jeunes Algériens convertis au christianisme ont été condamnés mardi à des peines de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Tiaret, tandis que deux autres prévenus (qui ont nié toute appartenance à la religion chrétienne) ont été relaxés. Interpellés alors qu'ils sortaient de chez l'un d'entre eux après un office religieux, ils étaient jugés pour "offense à l'Islam, pratique de culte non musulman sans autorisation et distribution de livres chrétiens".
Le même tribunal a décidé le 27 mai de reporter son verdict dans le procès d'Habiba Kouider, accusée de "pratiquer un culte non-musulman sans autorisation" : cette chrétienne de 37 ans avait été interceptée par des gendarmes le 29 mars en possession de bibles et d'évangiles. Lors de son procès le 20 mai, le procureur avait rappelé que "l'islam est religion d'État" avant de requérir trois ans de prison ferme. Son avocate avait plaidé "la liberté de conscience garantie par la Constitution" et demandé la relaxe de sa cliente.
Depuis février 2006 l’exercice d’un culte est conditionné à l’obtention d’une autorisation en Algérie, mais le président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme, Ghechir Boudjema, considère qu'"Habiba n'a rien commis d'interdit ; dans la loi algérienne, il n'y aucun texte qui sanctionne une personne qui ait en sa possession un livre sacré, la Bible, le Coran ou autre chose".
Benjamin Stora, directeur scientifique de l'Institut Maghreb-Europe à Paris VIII et spécialiste de l'Algérie, avance plusieurs hypothèses pour expliquer ces évènements inquiétants :
- des luttes de pouvoir au sommet de l'État, où les partisans d'un islamisme radical essaieraient d'accroître leur influence ;
- la pression d'États islamiques du Moyen-Orient et notamment des Emirats qui financent de nombreux chantiers en Algérie ;
- une tentative de diversion, dans ce pays où la jeunesse est en proie à un profond désarroi matériel et psychologique (chômage, désir de départ…) : les 11 000 chrétiens seraient devenus des "boucs émissaires".
En république islamique d'Iran, onze musulmans convertis au christianisme ont été arrêtés au mois de mai, et certains sont encore en prison. Plusieurs exécutions ont déjà eu lieu ces dernières années, dans ce pays où la loi considère l'apostasie (pour celui qui quitte l'Islam) comme un crime capital. [Sources : AP, Le Figaro, Radio Vatican, catholic.org].
|