La mairie de Paris, avait organisé, ce 26 février, une soirée pour la promotion du livre de Fatima Besnaci et Gilles Manceron: " Les harkis dans la colonisation et ses suites" préface de Jean Lacouture.
Il est assez curieux de voir le soudain engouement de la mairie de Paris pour l'histoire des harkis, ces algériens égarés dans la défense de l'Algérie française. Il est vrai qu'en voyant les noms des auteurs du livre et du préfacier, on peut avoir des doutes sur l'équité de leurs écrits. C'est pourquoi, mobilisé par notre ami le général Maurice Faivre, historien reconnu, quelques uns de nos amis sont allés apporter leur point de vue et troubler l'ordre d'une réunion qui se voyait unilatérale.
26 février
2008 : présentation à la Mairie de Paris du nouveau livre de Fatima
Besnaci et Gilles Manceron «Les Harkis dans la colonisation et ses suites »
préfacé par Jean Lacouture.
Une vingtaine d'amis s'étaient déplacés.
Il y avait dans la salle parmi les 200 participants, des
représentants des SAS (notamment Daniel Abolivier leur président), le général
Faivre, le général Meyer, Roger Saboureau de Secours de France, Yves
Sainsot et Nicole Ferrandis, des anciens des forces supplétives de la police,
Soraya Djebour, des représentants de l'UNC, l'ancienne sénatrice Anne
Heinis qui a rédigé en son temps un rapport sur les Harkis et quelques enfants
de Harkis que je connaissais. Il y avait assez peu de vieux Harkis ou de
Pieds-noirs du milieu associatif.
D'après le organisateurs il y avait pas mal d'Algériens (de
la presse ou pas) et des représentants de la Mairie de Paris et du conseil
régional d'Ile de France, qui semblent maintenant beaucoup s'intéresser aux
Harkis
Au premier rang, Jean Daniel (qui semble bien frappé par
l’âge...) qui n 'a pas pipé mot.
A la tribune, Georges Morin (de coup de Soleil) comme
animateur aux cotés de Jean Lacouture, Fatima Besnaci, Gilles Manceron, et
d'une adjointe de Delanoë en charge de l'intégration et des étrangers non communautaires
(et amie de Fatima).
La réunion a été un peu houleuse dès le début, lors de
l'allocution de bienvenue de Mme Christienne, adjointe au Maire de Paris en
charge de la Mémoire et du monde combattant qui, en énumérant tout ce que la
Mairie avait fait pour la mémoire de Harkis, a cité… l’inauguration d’une rue du 19 mars 1962 !!! ce fait
d'arme dont elle s'est félicitée a déclenché les protestations d'un certain
nombre d'entre nous et elle a semblé surprise... Morin s'est indigné de ces
interruptions bruyantes.
Apres deux interventions de français(e)s issus de la
"diversité "(représentants des instances de la Marie et du Conseil
régional socialistes) qui ont tressé des couronnes aux deux auteurs et surtout
à Fatima Besnaci pour le travail de mémoire et de "réconciliation "
qu'elle a lancé comme fille de Harki, après 40 ans d'occultation en France (en
oubliant au passage les livres datant d'une quinzaine d'années comme celui de
A. Meliani, de M. Hamoumou ou de M Faivre et tous les autres ouvrages
qui parlent de la tragédie des Harkis et des responsabilités de ce crime
d'Etat) les deux auteurs sont intervenus de manière assez prudente et mesurée,
même si on a eu droit aux réflexions du genre : les Harkis étaient des
algériens, aux cotés des Français un peu par les hasards de la guerre, et qui
auraient pu être au FLN. (Ce n’étaient bien sûr pas des Français qui s'étaient
engagés pour défendre le drapeau ou surtout lutter contre le terrorisme du FLN)
; le drame des Harkis est à resituer dans la colonisation française, sans
laquelle rien de tel ne serait arrivé ; l'armée française a commis des
exactions comme les "indépendantistes".
Chaque fois nous avons protesté bruyamment, à la grande
fureur de l'animateur Morin qui a accusé ces fauteurs de trouble de gâcher cet hommage aux Harkis . Une
partie de la salle a soutenu Morin.
Ensuite monsieur Lacouture est intervenu (il est bien
fatigué lui aussi) et a rappelé ses interventions dès 1962 comme journaliste
(partisan de l'indépendance ) pour condamner l'attitude d'abandon la France à
l'égard des Harkis (aucun des intervenants n'a fait allusion aux Pieds-Noirs et
à leurs victimes) et a souligné son indignation devant les 3 crimes de la
guerre d Algérie : 1/ les exactions croisées
de l'armée française et du FLN ; 2/ l'attitude du gouvernement français en
Algérie (sans citer clairement la responsabilité de De Gaulle) ; 3/ le
fait d'avoir imposé aux Harkis repliés en métropole en 62 /63 de confirmer leur
volonté d'être français (sans rappeler bien sûr que cette déclaration
récognitive de nationalité était une conséquence d'une disposition des
accords d'Evian, celle-ci respectée par de Gaulle ).
Ce discours a été également un peu chahuté par les
"troublions" qui ont déploré bruyamment entre autres que
le nom de de Gaulle ne soit pas explicitement cité comme responsable et que le
FLN ne soit pas plus condamné pour ses actes barbares. M. Lacouture a
semble-t-il été étonné de ne pas être écouté religieusement (il a été chahuté
plus pour ses prises de positions de défense du FLN pendant la guerre et
pendant les 40 ans de silence, que pour ce qu’il dit maintenant et qui est
plutôt positif, même venant un peu tard).
Il y a eu ensuite des interventions/questions de la salle
dans une atmosphère toujours assez orageuse.
Pour les amis : le général Faivre a donné longuement ses
commentaires sur le livre, d'autres amis ont pu intervenir (Nicole Ferrandis sur
l'attente d’un pardon de la part de l'Algérie, Daniel Abolivier et un autre
ancien des SAS, quelques autres dont deux filles de Harkis sur le drame des
Harkis et sur l'attitude du gouvernement français de l'époque. Il n 'y a pas eu
de véritable dialogue avec les gens de la tribune.
Pour le autres,
j ai retenu 2 ou 3 interventions un peu angéliques sur la
nécessité de tourner la page et, 45 ans après de rapprocher sereinement les
deux rives de la méditerranée et de décloisonner les mémoires.
Un journaliste algérien d'El Watan a exprimé son désir que
l'histoire de la guerre d'Algérie soit mieux connue et enseignée en Algérie.
On a eu droit aussi à une intervention courte d'un ancien appelé
du contingent (et ensuite déserteur qui avait étalé ses confessions à la télé
lors de la campagne de 2001 contre les actes de "torture généralisée"
commise, selon lui, par l'armée française) qui a attaqué la général Faivre pour
sa défense de "l’ancien tortionnaire Maurice Schmitt durant la
guerre de Libération"
il a été hué par les "troublions" et prié bruyamment de regagner
rapidement sa place.
On a eu droit également à une tirade d'un fil de Harki qui a
dit tout le mal qu'il pensait de l'accueil des Harkis en France et qui a
fortement critiqué le général Faivre pour son paternalisme et son manque de
respect pour les Harkis et leurs enfants). Nous lui laissons la responsabilité
de ses propos.
Globalement une soirée un peu désagréable, mais au moins
ont-ils été dérangés dans l'étalage en toute bonne conscience de gauche de
leurs dogmes, et pour certains, de leur ignorance du problème.
J'en garde malgré tout une grande amertume : l'histoire
des Harkis est déformée et instrumentalisée avec l'aide de certains
enfants de Harkis, les Pieds noirs sont totalement ignorés par ces gens qui ont
accès aux media, et l'armée française toujours dépréciée. Quant à cette
critique systématique et imbécile de la "colonisation" en Algérie, on
en a franchement ras le bol.
Voila pourquoi hier je n'ai pas voulu dialoguer avec ces
gens (mais j’ai bien sûr activement participé aux broncas).
Amicalement
Gilles Bonnier
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