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Vérités sur le Rwanda Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
04-12-2006

Entretien.

Le général Lafourcade a commandé l'opération Turquoise. Il répond aux accusations de "complicité de génocide"

"Vérités sur le Rwanda"

 

Les mandats d'arrêt internationaux délivrés par le juge Jean-Louis Bruguière contre neuf proches du président rwandais Paul Kagamé, dont James Kabarebe, son chef d'état-major, tendent un peu plus les relations déjà difficiles entre Paris et Kigali. L'enquête du juge Bruguière porte sur l'attentat du 6 avril 1994 contre l'ancien président Juvénal Habyarimana, un Hutu soutenu par la France. Son avion fut abattu par un missile tiré des lignes tenues par le Front patriotique rwandais (FPR) tutsi de Kagamé. Cet assassinat déclencha le génocide tutsi (800 000 morts) au terme duquel le FPR s'empara du pouvoir. Kigali a réagi en accusant la France de "complicité de génocide". Ulcérés par les accusations du régime rwandais, des officiers ont décidé de se défendre. Ancien patron de l'opération Turquoise, le général (2ème Section) Jean-Claude Lafourcade exlique pourquoi.

 

Pourquoi sortez-vous de votre devoir de réserve ?

Ces attaquess'inscrivent dans un contexte récurrent de campagnes de diffamation contre l'action de l'armée française au cours de cette opération. Devant la gravité de ces accusations, nous avons décidé qu'il fallait assurer notre défense et rétablir la vérité. L'objet de l'association France Turquoise est de défendre les militaires éventuellement mis en cause et de contribuer à rétablir la vérité face à l'opinion.

Êtes-vous sûr de l'attitude de vos soldats ?

Lorsque l'on commande 3 000 hommes déployés sur l'équivalent de deux départements français, on ne peut évidemment être derrière chacun et vérifier ce qu'ils font. Il peut y avoir eu des fautes individuelles dont je n'aurais pas eu connaissance. Mais j'affirme que les soldats de Turquoise ont remarquablement rempli une mission difficile et éprouvante. Je suis sûr de la qualité de leur travail et de leur comportement d'ensemble.

Le complot tutsi : Paul Kagamé, le président rwandais, et James Kabarebe, son chef d'état-major. En haut, le Général Laforcade

Photo Guercia / AFP - Quidu / Gamma

Comment pouvez-vous en être si sûr ?

Il s'agissait de professionnels, compétents, disciplinés et expérimentés, agissant dans le cadre d'instructions claires et sans ambiguïtés. Ils ont aussi agi sous le regard de nombreux observateurs.

Lesquels ?

L'opération Turquoise a été l'objet d'un déploiement médiatique exceptionnel. J'ai privilégié la transparence et l'accompagnement des unités sur le terrain par les journalistes. Les organisations internationales et humanitaires sont entrées avec nous dans la zone pour remplir leur mission en toute sécurité. À notre départ, toutes ont salué la qualité et l'efficacité de notre intervention.

Qu'attendez-vous de la justice française ?

Je souhaite que l'instruction se déroule normalement pour faire apparaître la vérité et, éventuellement, révéler les manipulations qui sous-tendent les accusations. S'il s'avérait que telle erreur ou telle faute avait été commise par un militaire, il reviendrait à la justice d'en tirer les conséquences. Mais, en aucun cas cela ne saurait justifier la campagne de dénigrement. Nous nous réservons la possibilité, le moment venu, de saisir la justice à rencontre des auteurs de ces diffamations. Le Rwanda dit que la France est "coupable de complicité de génocide"... Je m'interroge sur les raisons de cet acharnement de Kigali ainsi que sur sa capacité à instrunientaliser certains esprits sensibilisés par la réalité dramatique du génocide. S'agit-il de détourner l'attention pour éviter d'examiner le processus d'accession au pouvoir du régime actuel et son implication dans l'attentat déclencheur du génocide ?

Redoutez-vous ces attaques ?

Absolument pas. Elles sont sans fondement, inspirées par une dialectique propre aux régimes totalitaires. Je suis en revanche sensible aux effets néfastes que ce message à sens unique, relayé par des organismes instrumentalisés, peut avoir sur l'opinion publique.

Propos recueillis par FRÉDÉRIC PONS - Valeurs Actuelles du 1/12/2006

Association France Turquoise,32, avenue de Wagram, Paris VIII°

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