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Supplétifs musulmans, supplétifs européens: même combat! |
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17-05-2008 |
Il faut lire cet excellent article de notre ami Christian Migliaccio, Président de l'Union Nationale Laïque des Anciens Supplétifs, qui dénonce l'injustice dont don frappés les supplétifs de souche européennes servant dans l'armée française, notamment en Algérie.Cet article, que nopus reproduisons in-extenso et qui provient de notre confrère Categorynet.com est consultable en cliquant sur ce lien
Christian Migliaccio a écrit le 16/05/2008
HALTE à la Ségrégation et à la Xénophobie !
Voila maintenant
vingt et un ans que les premières mesures en faveur des supplétifs ont
été promulguées, suivies par d’autres mesures, dont les dernières
datent de 2005 . Pourtant, elles excluent de la reconnaissance
nationale les supplétifs de souche européenne. L’argumentation
fallacieuse qui leur est opposée « de la communauté de destin », est
toujours mise en avant. Cette affirmation tendancieuse, n’a aucun
fondement social ou juridique. Je m’explique : « au combat, puisqu’il
s’agit ici de compenser le préjudice subi par ces combattants
supplétifs », les balles ou les obus de nos adversaires ne faisaient
aucun distinguo entre les supplétifs de souche européenne ou musulmane,
mutilant très souvent, ou tuant ces combattants au rabais employés avec
un statut de journalier.
Qui aurait l’outrecuidance (cela a déjà été affirmé par
l’administration de la part de fonctionnaires qui n’étaient même pas
nés à cette période) d’évoquer que nos frères de combat musulmans se
trouvaient en première ligne contrairement aux supplétifs de souche
européenne. Cela laisserait croire que le commandement militaire
pratiquait un racisme à l’encontre de nos frères d’armes de souche
arabe ou berbère. Les supplétifs de souche européenne portaient le même
uniforme, étaient dotés du même armement, et percevaient le même
salaire soit un peu plus d’un euro par jour, et combattaient les
terroristes rebelles à la nation en ayant une affectation au sein de
leur unité sans tenir compte de leur origine, de leur race ou de leur
religion. D’autres prôneront qu’à leur arrivée en France ils
étaient accueillis par leur famille. Quelle aberration, leur famille
était aussi en Algérie ou rapatriée, et leur seul choix possible était
« La valise ou le cercueil » Mieux à leur arrivée en France, ils
n’ont même pas eu le droit d’être recrutés en qualité d’ouvrier
forestier, ils n’ont pas été hébergés dans ces hameaux forestiers
baptisés camp de transit, mais parqués dans des écoles ou des locaux
administratifs par chambrée de 30 avec bien souvent un seul point d’eau
et quelques WC, mais surtout avec l’obligation de vider les lieux le 25
septembre de l’année 1962. Ce que Monsieur DIEFFENBACHER Député de
Marmande appelle une communauté de destin plus favorable. Ils ont été
abandonnés et livrés à la vindicte populaire qui les insultait ou leur
crachait dessus (merci le parti communiste) en les traitant de sales
colonialistes. Certains frères de combat n’ont pas eu la force de
résister et se sont suicidés. C’est oublier un peu vite que chaque
supplétif qui tombait au combat, c’était la vie d’un jeune
métropolitain qu’il épargnait. C’est ce que le rapporteur de la
commission d’aide aux supplétifs dénonce comme une communauté de destin
plus favorable. On leur reproche d’être né français en Algérie
contrairement à leurs frères de combat de souche musulmane. Quel
mensonge, quelle aberration ! Pour pouvoir s’engager dans les
formations supplétives la condition de nationalité française était «
sine qua non » sans distinction de statut de citoyenneté droit commun
ou droit local, subtilité que la Constitution française du 4 octobre
1958 avait supprimée. En 1962, une Ordonnance anticonstitutionnelle
est promulguée (62-825 du 21 juillet 1962) et le Chef de l’État et son
Gouvernement, bafouent et violent cette même constitution en exigeant
de nos frères de combat la recognition de la nationalité française,
comme s’ils ne l’avaient jamais eue. De qui se moque-t-on ? C’est
un bel exemple de communautarisme pratiqué par l’Etat en séparant les
expulsés des deux communautés d’Algérie. Existerait-il juridiquement
deux catégories de citoyens français rapatriés ? Le terme de rapatrié
est un terme impropre, car l’État ne s’est pas acquitté de ses
obligations que lui imposait la responsabilité prise en signant les
accords d’Evian avec un parti politique terroriste et ne représentant
qu’une faible minorité de la population d’Algérie. L’État qui se
voudrait être le chantre des Droits de l’homme a, au mépris de toutes
ses lois offert à la vindicte du FLN, la population d’Algérie sans
distinction de race ou de religion mais surtout ses serviteurs
supplétifs 150.000 morts après le 19 mars 1962. En fait que nous
reproche- t’on ? Bien que notre identique statut soit reconnu, on nous
prive de la reconnaissance nationale au seul motif que nous sommes nés
français de souche européenne. Tous les Gouvernements successifs ont
prouvé, par là, que le sang d’un supplétif de souche européenne n’avait
pas la même valeur que celui d’un supplétif de souche musulmane. Toutes
lois prétendent vouloir réparer une injustice envers ceux qui aurait
séjourné dans des camps ou les hameaux forestiers. Mais « quid » alors
pour ceux qui ne se sont pas installés en France et sont domiciliés
dans les pays de la communauté européenne ? Quel est le lien
patriotique avec la France ? L’excellent rapport du Général Maurice
FAIVRE mentionne qu’environ 20 000 supplétifs de souche arabo berbère
ne sont jamais passés par ces sinistres camps de transit, ce qui ne les
a pas empêchés de prétendre et percevoir l’indemnisation et
l’Allocation de Reconnaissance. Il est inutile d’illustrer cette
magistrale leçon de ségrégation, d’ostracisme et de xénophobie, mise en
place et instaurée par un pays qui prétend être le pays des Droits de
l’Homme. Si la situation de nos frères de combat supplétifs de souche
européenne n’était pas dramatique socialement et juridiquement j’en
rirais aux éclats. Quelle conclusion ? Elle est pitoyable ! Les
supplétifs de souche européenne n’ont pas droit à la reconnaissance,
leur sang versé n’a aucune valeur comparativement à leurs frères de
combat de souche arabo berbère, ils n’ont désormais plus qu’un droit,
celui de mourir dans l’indifférence la plus totale, c’est comme si on
leur reprochait d’être venus s’échouer dans une Patrie qu’ils avaient
toujours cru être la leur et qu’ils ont défendu, comme leurs pères
l’ont fait au cours de toutes les guerres que la métropole avait
déclarées. (1870, 1914, 1939) Peuple de France, les parents et
grands-parents de ces combattants supplétifs au rabais, ont tout
abandonné pour venir défendre ta liberté et ta prospérité avec le
succès que tu connais, mais que l’on tait. Ils ont défendu les
départements français d’Algérie, devenus français bien avant le comté
de Nice ou de Savoie, ils ont défendu l’intégrité territoriale et la
culture française en Algérie. Pour notre République cela représente
la pire des infamies. Quand est ce que ce beau pays qu’est la France,
reconnaîtra son erreur et la réparera ? Il est grand temps, car les
rangs de ces supplétifs de souche européenne, que l’on peut quantifier
actuellement à moins de 500 soient reconnus et indemnisés alors qu’ils
s’éteignent les uns après les autres la rage au cœur d’avoir été trahis
et abandonnés par ce pays qu’ils aimaient et croyaient à la réciprocité. Christian MIGLIACCIO Président de l’U.N.L.A.S.
Contact Presse : Personne de contact pour les journalistes : Christian MIGLIACCIO Président Union Nationale Laïque des Anciens Supplétifs 04 94 60 13 08
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