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Les Afghans de Calais : lâches ou planqués? |
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Le général 2S Jean-Germain Salvan remet les choses à leur juste place dans l'affaire du rapatriement des Afghans après la "reconquête" de la "Jungle" de Calais dans un article publié le 23 octobre par "Liberté Politique.com " à lire en suivant ce lien.
Nous le reproduisons in extenso dans "lire la suite" car il correspond tout à fait à ce que nous pensons profondément, et ceux qui par angélisme ou électoralisme ou tout simplement pour rester dans le politiquement correct crient au déshonneur de la France terre d'accueil, se trompent, nous trompent et nous paraissent dangereux.
Afghans de Calais : où est l’indécence, où est l’incohérence ?
23 octobre 2009 | Jean-Germain Salvan*
Dans Le Monde du 16 octobre, le président de Médecins du Monde s’indigne de la décision du gouvernement de rapatrier dans leur pays des clandestins afghans appréhendés dans la « jungle » de Calais. La tribune, cosignée par deux anciens prédécesseurs du docteur Micheletti, reflète l’opinion de personnes généreuses [1]. Mais peut-on admettre que dans un pays en guerre, certains nationaux choisissent la fuite, la facilité, et confient à d’autres les charges et les risques du combat ?
En 1944, le général de Lattre s’en était pris avec vigueur à des jeunes gens confortablement installés, comme au spectacle, dans le Midi de la fin du mois d’août : ils regardaient nos troupes combattre. Au Liban, nous avons vu des jeunes gens vautrés sur les plages, tandis que les Casques bleus prenaient des coups venus de multiples côtés.
Le 27 septembre dernier, sur France 3 Midi-Pyrénées, le présentateur annonçait froidement la mort de quatre jeunes soldats français en Afghanistan, avant, goguenard, de donner la parole à deux jeunes et fringants Afghans, qui prenaient la route de Calais, où ils espéraient parvenir avec l’aide de Français en moins de quarante-huit heures. S’il est un point sur lequel je suis d’accord avec Michel Rocard, c’est que la France, dans le village planétaire, doit accueillir sa part de la misère du monde. De la même façon, face aux zones de non-droit de ce village planétaire, notre pays prend sa part du combat pour un certain nombre de valeurs.
Depuis Fabrice del Gondo, de nombreux soldats n’ont jamais bien su ce qu’ils faisaient au juste dans un combat ou une guerre. Mais ils ont des yeux pour voir : le colonel Perrin, commandant le 3e RPIMa à Carcassonne, rentré d’Afghanistan en février dernier, me le disait il y a quelques jours : ses parachutistes constataient que 75% des pertes civiles étaient le fait du terrorisme des talibans, que les paysans étaient contraints par ces talibans de planter du pavot plutôt que des cultures vivrières, que des Afghans se battent à nos côtés, et bien. Les Occidentaux, qui sont venus aider l’Alliance du Nord contre les talibans lâcheront-ils prématurément et piteusement ce combat ? Je n’en sais rien et je ne le souhaite pas. Les sophistes et les lâches
Ces Afghans de Calais sont-ils d’infortunés migrants ? Quiconque souhaite s’informer sait que le voyage de Kaboul à Calais est facturé de dix à quinze mille euros. Les « infortunés migrants » sont en fait des fils de famille qui se sont « planqués ».
Oui, la peur est omniprésente en Afghanistan, comme elle le fut chez nous de 1940 à 1945 : je connais peu de soldats ou de civils pris sous les bombes ou entre deux feux qui ne l’aient éprouvée. Est-ce une raison pour que des sophistes approuvent les lâches ? Est-ce une raison pour tolérer n’importe quoi au nom de la générosité ou de la charité ?
Je maintiens que ces jeunes gens sont venus chez nous pour sauver leur peau, et bénéficier de conditions de vie avantageuses, plutôt que de mener à nos côtés avec les leurs un combat qui a un sens. Ce n’est pas par goût de la provocation que je les appelle insoumis et déserteurs. Car la défense des droits de l’homme et de la femme, cela suppose la participation de tous. Cela ne peut être mené par les seuls Occidentaux, par délégation de ceux qui refusent de prendre leur part du développement de leur pays et de la lutte contre la dictature des talibans. Je souhaite donc que les Afghans adultes qui ont immigré clandestinement chez nous soient renvoyés dans leur pays et confiés aux centres de formation de la police et des armées afghanes, pour qu’ils prennent leur part du combat contre la dictature des talibans. Quant aux mineurs arrivés chez nous, je pense que la meilleure solution serait que nous ouvrions à Kaboul une école d’enfants de troupe ou un lycée militaire, pour lesquels nous avons une sérieuse expérience, et que nous leur donnions une éducation qui les rendra utiles à leur pays…
*Jean-Germain Salvan est général (2s).
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