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Le 26 mars 1962, rue d'Isly à Alger Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
27-03-2008

Pour répondre à l'article du "Monde" qui reproduit une dépêche de l'A.F.P. sans en changer une ligne, entérinant ainsi une falsification de la réalité. La manifestation du 26 mars à Alger, était un acte pacifique, nullement commandité par l'O.A.S., mais spontané pour aller porter aide et subsistance à Bab el Oued, quartier de la ville algérienne totalement isolé, bouclé et sans approvisionnement. Qui a tiré? Les manifestants n'étaient pas armés et la fusillade a duré plus de 10 minutes!

Nous reproduisons "in extenso" la lettre de Bernard Coll, secrétaire général de Jeunes Pieds-Noirs, car nous partageons ses propos mesurés et nous avons à l'égard de Jean-François Gavoury la même compassion que vis à vis de l'ensemble des enfants et des parents des victimes de ces terribles moments vécus entre 1954 et 1962 sur cette terre française d'afrique du nord.

Article en suivant ce lien: "Le Monde"

Ci après la lettre de notre ami Bernard Coll:  CRIME D'ETAT du 26 MARS 1962





LETTRE OUVERTE A JEAN-FRANCOIS GAVOURY
ANPROMEVO
106, rue de Lourmel
75015 PARIS

Hommage aux Victimes du 26 mars 1962 et à toutes celles du « crime d’Etat du 19 mars 1962 » - Votre inquiétude injustifiée

Monsieur,

Nous venons d’apprendre par le communiqué que vous avez diffusé aujourd’hui votre inquiétude de voir la commémoration de demain 26 mars, en hommage aux victimes de la résistance française à l’abandon de l’Algérie, devenir une célébration de « l’OAS à l’Arc de Triomphe ». Votre inquiétude est injustifiée car cette commémoration se déroule depuis plusieurs années sans incidents et sans polémique stérile compte tenu du respect que chacun doit porter à tous les morts de cette guerre civile franco-française voulue et organisée par le Chef de l’Etat d’alors, le général De Gaulle, pour mener à terme sa nouvelle politique algérienne. Car il vous est impossible d’ignorer la réalité du « crime d’Etat » commis le 19 mars 1962, à la demande du Président de la République. Vous pouvez, grâce à Internet, avoir accès désormais à l’ensemble des documents officiels qui ont permis la conception, la mise en œuvre et l’exécution du plan conçu par Alain Peyrefitte durant l’été 1961, à la demande personnelle du général De Gaulle.

De nombreuses personnalités françaises de toutes sensibilités, du professeur Maurice Allais, Prix Nobel d’Economie à Georges-Marc Benhamou, conseiller de Nicolas Sarkozy, en passant par Germaine Tillion, Jean Daniel et Jean Lacouture, appellent à reconnaître l’action criminelle du général De Gaulle durant cette terrible guerre civile au cours de laquelle votre père a été malheureusement tué, comme des dizaines de milliers d’autres Français de toutes origines, alors qu’il était en mission au service de l’Etat français. La biographie que vous présentez d’ailleurs de sa carrière ne porte que sur sa période nord-africaine et mériterait d’être complétée, pour une information plus précise, par ses fonctions au service de l’Etat entre sa nomination comme commissaire de police à Hazebrouck en 1936 et sa mission d’organisation de la sûreté nationale marocaine en 1956. Nous ne voyons en effet mentionné aucun action particulière de sa part durant cette période bien troublée de la seconde guerre mondiale et il n’a pas reçu, sauf erreur, les distinctions habituelles honorant les patriotes ayant accompli des actes de résistance ou d’héroïsme comme le firent Georges Bidault, successeur de Jean Moulin à la tête de la résistance française en 1943 ou encore Jacques Soustelle (carte de Français libre N°19), ou les généraux Raoul Salan, l’officier le plus décoré de France, et Edmond Jouhaud et bien d’autres membres de l’organisation dont vous contestez l’action lorsqu’ils contribuèrent à chasser l’occupant nazi du sol français.

Si nous comprenons la douleur de l’enfant perdant son père et votre devoir filial concernant sa mémoire, votre drame personnel devrait vous permettre de comprendre celle des enfants, des parents et des amis des familles françaises victimes des attentats terroristes du FLN et de la terrible répression de l’Etat français contre les Français d’Algérie dont vous ne pouvez ignorer à la fois la violence et le nombre de victimes. Des dizaines de milliers d’autres familles françaises – celles de nos compatriotes harkis, pieds-noirs et aussi de nombreux militaires du contingent et Français de métropole - ont été, comme vous, victimes, lors de cette terrible guerre civile, d’actes de « barbarie » comme le soulignait le Président de la République Jacques Chirac le 21 septembre 2001 lors de la première Journée nationale d’hommage aux harkis. Notre association, dont vous n’ignorez pas l’activité depuis plus de 34 ans aux services de nos compatriotes Harkis et Pieds-noirs victimes du 19 mars 1962, a d’ailleurs organisé en 2004 une "Rencontre des écrivains de la mémoire harkie », sous le patronage de Mme Alliot-Marie, Ministre de la Défense et M. Hamlaoui Mekachera, Ministre délégué aux Anciens Combattants, à laquelle se sont associées des personnalités de sensibilité très diverses unies par un souci commun de reconnaissance de la réalité des massacres commis contre nos compatriotes en présence de l’Armée française et des forces de police qui auraient dû les protéger. Aujourd’hui cette réalité est reconnue par tous. M. Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, a clairement demandé la reconnaissance officielle de la responsabilité de l’Etat français de l’époque dans son article paru dans Libération du 10 septembre 2001 (cf. copie de l’article sur notre site http://pagesperso-orange.fr/jeunepiednoir/jpn.wst ).

Ces victimes et les familles de Français d’Algérie connaissent, comme tous les êtres humains, une peine semblable à la vôtre, aggravée pour celles dont les parents ont disparus en 1962 de ne pas savoir ce que sont devenus leurs proches, dans quelles conditions ils ont été assassinés, où reposent leurs corps ou s’ils sont encore vivants. Les archives soviétiques et la libération des détenus des goulags communistes ont montré, hélas, que des personnes avaient survécu plus de 40 ans à leurs terribles conditions de détention. Les enfants de ces victimes non reconnues officiellement alors, comme celles du 26 mars à Alger ou du 5 juillet 1962 à Oran, n’ont d’ailleurs pas eu la possibilité de se voir attribuer par l’Etat le statut d’orphelin de guerre ou de pupille de la Nation. Comme d’ailleurs les enfants de Harkis massacrés par le FLN après le 19 mars 1962. Elles n’ont donc pas pu depuis leur drame bénéficier d’aucune aide ou secours de l’Etat et ont du faire face, seules, à leur terrible situation.

Vous n’ignorer pas d’autre part que tous les faits relatifs à la guerre d’Algérie sont aujourd’hui amnistiés et que des poseuses de bombes du FLN, qui ont tué ou mutilé d’innocentes femmes et enfants dans les attentats de la « bataille d’Alger », vivent, s’expriment et essaient de justifier leurs actes en toute liberté sur les chaînes de télévision publiques françaises financées, en partie, par leurs victimes et leurs familles. Comme viennent en France un certain nombre d’acteurs de la rébellion algérienne responsables de la mort, en Algérie comme en France, de milliers de nos compatriotes dont les 53 policiers tombés en France sous les balles du FLN (Source QUID 2002). Il est à craindre que votre démarche (votre association n’existe curieusement que depuis le 7 avril 2006), si elle se prolonge, risque de provoquer l’effet contraire de celui que vous espérez si les enfants et familles victimes du FLN et de la répression de l’Etat français contre les Français d’Algérie décident de créer une association semblable à la vôtre ce qui, compte tenu de la disproportion du nombre de victimes, vous placerait dans une situation extrêmement minoritaire. Nombreux sont les Français qui s’interrogent sur les motivations réelles de votre association et de ceux qui vous soutiennent qui, au lieu de chercher l’apaisement les mémoires, rouvre artificiellement, par ses demandes l’interdiction de cérémonies privées ou publiques - dont certaines ont lieu depuis 1963 sans que le général De Gaulle, lui-même, n’en ait demandé l’interdiction – des cicatrices qui commençaient avec le temps à se fermer. En novembre 2006, nous avions d’ailleurs adressé une lettre ouverte au Ministre délégué aux Anciens Combattants en ce sens, lettre qui se trouve sur notre site Internet. Celle-ci est restée sans réponse, la cérémonie s’étant déroulée, comme les précédentes depuis 44 ans, sans incident. Vous avez pu le constater vous-même sur place.

Depuis 1990, nous écrivons aux Présidents de la République pour que l’Etat français d’aujourd’hui reconnaisse le « crime d’Etat » du 19 mars 1962. Cette demande figurant sur notre site Internet a déjà été diffusée à des milliers de personnalités, journalistes, intellectuels et hommes politiques sans avoir suscité la moindre réaction. Le 31 mars 2007, le Président Nicolas Sarkozy s’est engagé à reconnaître officielle la responsabilité de « la France », c'est à dire du gouvernement français, dans l’abandon et le massacre des Harkis. C’est pourquoi nous vous invitons désormais à nous contacter directement si vous souhaitez des réponses à vos questions plutôt que d’utiliser des procédés proches de ceux d’une période que nos parents ont combattus au sein de l’Armée d’Afrique pour libérer la France, et que nous condamnons tous. Votre poste au Ministère de l’Intérieur devrait vous engager à des prises de position plus conformes au droit de réserve des fonctionnaires.

Nous sommes naturellement à votre disposition si vous souhaitez porter ce débat auprès de l’opinion publique lors d’une émission télévisée, ce qui permettrait aux Français de mieux connaître les différentes catégories de victimes de cette dramatique période de notre histoire ainsi que les raisons pour lesquelles nos compatriotes honorent morts.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

Bernard COLL - Secrétaire général de JPN - Co-auteur du Livre des Harkis (JPN - 1991) le 25 mars 2008



Commentaires (2)Add Comment
merci pour cette vérité
Ecrit par Hugues Tourvieille de Labrouhe, avril 04, 2008
cher Bernard,

merci de cette verité clairement exposée et j'espère qu'un jour les jeunes français prendront conscience du drame vécu par beaucoup en cette période trouble et que les historiens seront à nos cotés dans un soucis de respect de la vérité et de la justice.

Amitiés

Hugues Tourvieille de Labrouhe
Devoir filial ou engagement idolgique
Ecrit par Paul Martinet , mars 30, 2008
Ayant eu l'occasion de rencontrer lors d'une manifestation mr Gavoury , je lui ai demandé les raisons de son acharnement à poursuivre les partisans de l'Algérie française jusque dans leurs cérémonies du souvenir .S'il s'agit de devoir filial et même d'un sentiment de vengeance à l'égard de ceux qui ont tué son père , on peut à la limite comprendre . J'ai cru comprendre que cette raison était annexe , presque un alibi ,et qu'il agissait ainsi par pur engagement partisan dans le camp marxiste .

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