
Suite aux "incidents" de Carcassonne, le Chef d'Etat Major des Armées, le général Bruno Cuche a remis sa démission au chef de l'Etat. Un grand chef s'en va dans l'honneur et la dignité. Qu'en est-il des raisons profondes?
Il faut lire à ce sujet l'éditorial de Frédéric Pons dans "Valeurs Actuelles" en suivant ce lien.
Lire également ci-après les témoignages de nos camarades de l'ANRAT et de l'UNOR.
Vous trouverez ci-après la réaction, datée du 4 juillet 2008, de nos amis le Président de l'UNC Hugues Dalleau et le Président de l'ASAF le général Bernard Gillis.
Photo: Patrick Lafrate
Dernière Minute ANRAT Démission de notre chef
L'ANRAT a appris la démission du chef d'état-major de l'armée de Terre, le général d'armée Bruno Cuche, décidée par lui seul à la suite des incidents graves survenus dans une unité en démonstration, qui ont blessé des civils parmi les spectateurs. Cette décision, qui émeut la communauté des réservistes de l'armée de Terre, est à l'image d'un homme entier, dont la conception de sa mission lui fait assumer jusqu'au bout l'entière responsabilité des actions commises par tous les hommes placés sous son commandement.
C'est une réaction de chef, dont la dignité rejaillit sur l'ensemble de l'armée de Terre mise en cause de façon globale et sans doute excessive. C'est une réaction militaire, d'homme d'honneur qui reste à la tête de ses troupes dans toutes les circonstances, et ce n'est évidemment pas une prise de position politique, car la rectitude du général Cuche a fait qu'il n'a jamais été pris en défaut dans une loyauté sans faille vis-à-vis des institutions de la République.
Les réservistes de l'armée de Terre sont fiers d'avoir servi un chef tel que lui, un chef d'état-major qui les a défendus à contre-courant des modes du moment, se battant inlassablement pour faire accepter que des unités de réservistes puissent être utilisées en opérations, aux côtés de leurs camarades d'active. Ces réservistes sont heureux d'avoir pu lui rendre hommage, il y a juste deux semaines à l'Ecole militaire, lors des adieux qu'il leur a faits à l'occasion de la séance de clôture des cours de l'Ecole supérieure des officiers de réserve spécialistes d'état-major (ESORSEM).
Nous savions tous qu'il partait à l'été, et nous étions alors émus de perdre ce défenseur de la réserve, dans ses composantes opérationnelle et citoyenne. Mais notre émotion de l'autre soir se double aujourd'hui de la fierté d'avoir été sous les ordres d'un chef dont la générosité, l'intégrité et l'audace resteront le plus précieux héritage.
Colonel ( R ) Pierre Bayle Président de l'ANRAT
Mes Chers Camarades,
Il n’y a rien à ajouter à ces quelques lignes de notre ami et camarade Pierre Bayle. Le 24 juin dernier le général Bruno CUCHE avait personnellement convié quatre réservistes (1) à ses Adieux aux Armes d’une très grande dignité et sobriété dans la Cour d’Honneur des Invalides. En votre nom, je lui remettais à cette occasion la Grand plaque de l’UNOR.
Nous lui sommes reconnaissants pour tout ce qui a été fait, sous son commandement, pour la Réserve ! Un grand Chef vient de partir dans l’Honneur et la dignité.
Non nous ne sommes pas « tous des incapables » comme cela a cependant été dit !
Colonel (R) Philippe LHERMITTE Président de l’UNOR
A S A F ASSOCIATION SOUTIEN A L'ARMÉE FRANÇAISE
U.N.C. - UNION NATIONALE DES COMBATTANTS
" Mémoire et Vérité "
COMMUNIQUE COMMUN DE
L'ASAF ET DE L'UNC
(Association Soutien à l'Armée Française et Union Nationale des Combattants)
Paris, le 4 juillet 2008
En démissionnant de son poste de Chef d'Etat-major de l'Armée de Terre, le général CUCHE a eu un geste noble, chevaleresque, qui a effacé dans l'opinion l'image désastreuse que pouvaient laisser les incidents de Carcassonne (Portes ouvertes du 3ème RPIMa).
Cependant, la sanction qu'il s'inflige, à la grande satisfaction du Président de la République, Chef des Armées, cette sanction est disproportionnée. L'incident était sanglant, mais heureusement non meurtrier, et les sanctions, pénales et administratives, devaient s'appliquer aux seuls responsables du 3ème RPIMa. Sinon, pourquoi s'arrêter en route ? M. MORIN, Ministre de la Défense et responsable politique, aurait dû, dans ces conditions, répondre par sa propre démission.
La démission d'un Chef d'Etat-major d'armée est rare. Elle est toujours le fait d'une désapprobation par ce chef de l'action d'affaiblissement de l'Armée par le pouvoir politique. Ainsi le général DELAUNAY en 1983 n'acceptant pas la réforme de M. MITTERAND, comme les généraux GUILLAUME et ZELLER refusant les mesures prises en 1956 par M. Guy MOLLET pour faire face à la guerre d'Algérie.
Le général CUCHE a confirmé que sa démission n'avait pour origine que les seuls incidents de Carcassonne. Il nous est impossible de le contredire formellement, mais le doute s'est installé dans l'esprit de beaucoup.
Hugues DALLEAU Général Bernard GILLIS
Président Général de l'UNC Président de l'ASAF
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