Libre journal de Roger Saboureau du 24 octobre 2011.
La guerre d'Algérie, terminée officiellement depuis 50 ans, continue pourtant avec férocité sur le front de la mémoire .
Des dates et en particulier, celles d'anniversaires d'événements survenus pendant le conflit constituent autant d'occasions, pour certains groupes idéologiquement engagés,de présenter de ces événements leur propre vision au détriment de la vérité historique .
Il s'agit en fait par ce procédé d'attaquer, de discréditer, de condamner l'état, les institutions et leur bras armé, l'armée et la police, le tout dans une grande débauche de contre-vérités, d'approximations et de manipulations de l'histoire .
Des intellectuels et des historiens ou se disant tels, des journalistes, des gens de spectacle, disposant largement de la complicité des médias, se répandent en articles, livres, émissions de radio et tv et, sites internet, et livrent avec arrogance leur propre analyse des dits événements .
C'est ainsi que ces personnages constitués en groupes de pression, ont réussi à imposer l'idée que le 19 mars 1962, date officielle du cessez le feu était une date à célébrer dans l'allégresse et pour certains au même titre que le 11 novembre, en passant en pertes et profit l'exode de 1 million de nos compatriotes, l'enlèvement et la disparition de milliers d'entre eux et la massacre effroyable de dizaines de milliers de harkis, nos frères d'armes, le tout dans les mois qui ont suivi ce prétendu cessez le feu .
Il faut noter que 8000 rues et places de nos villes portent désormais ce nom du 19 mars, que malgré les déclarations officielles péremptoires leur nombre ne cesse d'augmenter et qu'il faut craindre que les négociations franco-algériennes en cours pour 2012 ne l'installent définitivement comme une célébration officielle
Même si la plus grosse partie de la population et surtout les plus jeunes reste étrangère à ce qu'elle considère comme des combats d'arrière garde, il n'empêche qu'elle en subit inconsciemment les effets.
Une autre date fait ces jours ci l'actualité puisqu'elle a mobilisé la semaine dernière le ban et l'arrière ban des désinformateurs habituels, c'est celle du 17 octobre 1961 et donc le cinquantième anniversaire de cet événement .
Je rappelle brièvement les faits que nous allons développer au cours de cette émission. Ayant réussi la prise en main d'une partie de la population d'origine algérienne vivant en région parisienne, le FLN décide une action de force par le biais d'une manifestation de masse à ses ordres
Ne pas oublier que le FLN est alors et encore pour quelques mois notre adversaire dangereux et l'auteur de plusieurs milliers de crime en métropole. IL affronte quotidiennement dans les quartiers nord de Paris, Goutte d ' or, Barbès et la force de police auxiliaire composée de harkis leur infligeant des pertes importantes . Cette manifestation est interdite, mais le FLN persiste provoquant la réaction de la police. Cette réaction, son origine, ses responsables, les chiffres des victimes font toujours l'objet d'une polémique à base de surenchères, de désinformations et d'inflation persistante de ces chiffres .
Pour parler de cette journée et de l'exploitation qui en est faite désormais, avec Martine Dubost notre assistante , et Patrice Boissy , nous avons invité ;
Jean-Paul Brunet - Historien du temps présent, auteur chez Flammarion du livre "Police Contre FLN - Le drame d'octobre 1961" mais aussi de "Charonne. Lumières sur une tragédie" et de "La police de l'ombre" Éditions du Seuil. Jean Monneret - Historien, bien connu de nos auditeurs et parmi ses
ouvrages les plus récents nous pouvons citer: "La désinformation autour du film Hors
la Loi", "Vivre à Alger - La guerre et la paix dans l'Algérie
française de 1958 à 1962" .