Accueil Accueil Culture D.V.D. Vidéo Entendre Eric Zemmour c'est bien...
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Madame, Monsieur,
C’est avec beaucoup de retard que je souhaite vous faire part de mes inquiétudes en matière historique à propos de la sortie du dernier livre d’Eric ZEMMOUR, intitulé : « Mélancolie française » (Editions Fayard Denoël, 2010). Sans entrer dès le maintenant dans le détail de cet ouvrage, il importe cependant de rappeler, de manière générale, l’une des leçons tirées par l’historien Camille JULLIAN au sujet de notre pays depuis ses origines : « Rome ne pouvait briser ni la volonté de la terre ni l’œuvre des générations. Il y avait toujours une Gaule, et cette Gaule avait toujours son passé, et dans cette Gaule il y avait toujours une Armorique ou une Auvergne, une ville de Marseille ou une ville de Paris. Si longtemps que persisterait l’empire de Rome, si confuse et obscurcie que serait pendant ce temps la vie propre de la Gaule et de ses êtres, cette vie durerait plus encore que celle de l’Empire : car elle reposait non pas sur la victoire ou le consentement d’un jour, mais sur la puissance de l’espace et du temps ». Napoléon III et Charles de Gaulle en feront d’ailleurs l’amère expérience, soit peu après le plébiscite de 1870, soit lors de l’élection présidentielle de 1965 et de l’échec référendaire de 1969. De même, il convient d’ajouter le rappel constant à Charlemagne depuis le règne de Charles VIII, durant les époques médiévale et moderne, pour agrandir et unifier progressivement le royaume de France, et l’ensemble du territoire national jusqu’au sacre de Napoléon Premier inclus. A cela, on peut espérer que de nombreux débats surgissent à propos du siècle de Louis XV (et de la défense légitime d’un tel souverain, au regard des publications de Paul Del PERUGIA et de Michel ANTOINE), de l’utilisation trop littérale et trop hâtives des sources historiques et littéraires sur la Révolution française et le Premier Empire ou issues de l’écrivain fasciste, engagé aux côtés de l’Allemagne des années 1940, Pierre DRIEU LA ROCHELLE (1893-1945) et des discours du Secrétaire d’Etat à l’Information Philippe HENRIOT (1889-1944). Et cela, sans parler du rappel de nos racines celtiques, gauloises et germaniques, et des influences grecques, romaines et chrétiennes, qui fondent et définissent notre identité française depuis plus de quarante siècles. Sur le plan historiographique, cette fois, il semble intéressant de se replonger dans les trois ouvrage écrits par l’académicien Claude NICOLET avec pour titre : « La fabrique d’une nation. La France entre Rome et les Germains » (éditions Perrin, 2003), Colette BEAUNE (Naissance de la France, éditions Gallimard, 1985) et Oswald SPENGLER (Le déclin de l’Occident, éditions Gallimard, 1948). On peut y ajouter, par ailleurs, le numéro 12 des Cahiers libres d’Histoire rédigé par Jean-Claude VALLA (récemment disparu) sur « La nostalgie de l’Empire. Une relecture de l’histoire napoléonienne » (éditions de La Librairie nationale, 2004). Sur le plan historique, il est enfin possible de commencer par deux ouvrages publiés récemment et notamment par deux anciens professeurs et membres éminents de l’Institut de France (aujourd’hui disparus) : Jean-Baptiste DUROSELLE (sur la Grande Guerre et sur Clémenceau) et Karl-Ferdinand WERNER (Naissance de la noblesse, éditions Fayard, 1999).
Dans l’attente d’une réponse à ce sujet, et d’une rencontre future éventuelle, veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes sentiments distingués.
François-Nils THOREN